Le constat est sans appel. Dans son dernier rapport, l’Agence européenne pour l’environnement souligne que les transports restent, en Europe, le seul grand secteur dont les émissions de gaz à effet de serre continuent de progresser. Industrie, énergie, agriculture : tous ont engagé une décrue plus ou moins marquée. Les mobilités, elles, peinent à inverser durablement la courbe.
La dynamique est connue. La croissance des déplacements individuels, l’étalement urbain, l’explosion du e-commerce et des flux logistiques ont consolidé la domination du transport routier. Voiture particulière, utilitaires légers, poids lourds : le bitume concentre l’essentiel des émissions. Malgré la montée en puissance de l’électrification, l’amélioration des motorisations et l’essor des carburants alternatifs, les volumes parcourus compensent en partie les gains technologiques.
Face à ce constat, le rapport met en avant un levier clair : le rail. Qu’il s’agisse de transport de voyageurs ou de fret, le train affiche une empreinte carbone par passager-kilomètre ou tonne-kilomètre nettement inférieure à celle de la route ou de l’aérien. L’électrification historique des réseaux européens constitue un atout stratégique dans la perspective de la neutralité climatique. Encore faut-il investir massivement dans les infrastructures, la capacité des nœuds ferroviaires et l’interopérabilité transfrontalière pour absorber une part plus importante des flux.
La transition suppose des arbitrages politiques, des financements pérennes et une acceptabilité sociale. Développer l’offre ferroviaire, rééquilibrer la fiscalité entre modes, accompagner les ménages et les entreprises dans l’évolution de leurs pratiques : autant de chantiers que Philippe Tabarot ministre des Transports souhaite mettre en place au travers de la Loi cadre présentée hier au parlement.
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