Après plus de trois décennies de privatisation, le Royaume-Uni tourne une nouvelle page ferroviaire. Le gouvernement travailliste, élu en 2024, a lancé un vaste programme de nationalisation progressive qui s’étend de 2025 à 2027. Première étape annoncée : Great Western Railways (GWR) rejoindra le giron public dès 2026, suivie par West Midlands Trains, Govia Thameslink Railway et Chiltern Railways.
Cette décision s’inscrit dans le cadre du projet de loi sur la propriété publique des chemins de fer, première réforme majeure du Labour, qui autorise les ministres à reprendre le contrôle des opérateurs à l’expiration de leurs contrats. Le dispositif s’accompagne de la création de Great British Railways, une nouvelle entité publique chargée d’orchestrer les opérations quotidiennes et la planification stratégique du réseau.
Le gouvernement souligne que cette transition n’entraînera pas de coûts supplémentaires pour les contribuables, les reprises s’effectuant à échéance naturelle des contrats. L’objectif affiché est clair : d’ici fin 2027, tous les services voyageurs sous contrats ministériels devraient redevenir publics, marquant un retour à une gouvernance unifiée du rail.
Ce mouvement traduit une volonté politique forte : renforcer la fiabilité, simplifier la gestion et replacer l’intérêt collectif au cœur du transport ferroviaire britannique. Une révolution silencieuse qui pourrait inspirer d’autres pays européens confrontés aux mêmes débats entre service public et ouverture à la concurrence.
Pierre Lancien



