Jean Castex en forme olympique pour les prochaines épreuves.

22 01 2025 | Actualités

Ce 21 janvier, sur le flanc du Trianon, salle de spectacle à Pigalle d’une capacité de 1000 personnes, les invités se pressent pour assister aux vœux de Jean Castex, le PDG de RATP, l’une des rares occasions pour l’ancien Premier ministre de prononcer ce qui ressemble à un discours politique.

Survolté, pendant près des trois quart d’heure, le patron du groupe vante le bilan d’une « excellente année 2024 pour la RATP » qui a réussi ses JO « moment sacré magique, très important ». La « production s’est améliorée », « la régularité des lignes », la vitesse commerciale des bus ont progressé.  Grâce à un chapelet de contrats conquis à « Lyon, Caen, au Pays Basque, à Quimper, à Narbonne à Charleville-Mézières à Brive à Saintes » a-t-il égrené, « le groupe RATP a doublé ses parts de marché en en France hors Île-de-France. » Des contrats aux Etats-Unis et à Singapour sont également sources de fierté.

Quant aux finances du groupe, « les indicateurs sont passés du rouge au vert même si c’est encore fragile » se targue aussi Jean Castex qui a entrepris de remettre sur pied RATP Dev, principal foyer de pertes. Après la vente des bus de Londres cette année, le patron veut « rééquilibrer le contrat en Toscane pour dégager l'horizon ». 

L'entreprise, qui négocie son nouveau contrat avec son financeur Ile de France Mobilités, joue gros en 2025. Avec la fin du monopole des bus parisiens et l’attribution de lots importants, elle va connaître l’épreuve de vérité. A l’inverse, la libéralisation de tous les marchés franciliens lui offre l’occasion de s’aventurer sur la plate bandes de la SNCF, la RATP ayant déposé une offre pour exploiter la ligne L du Transilien qui sera attribuée avant l’été.

Critiqué par Transdev et Keolis pour sa stratégie de conquête agressive, Jean Castex dit vouloir respecter trois lignes jaunes : pas de moins disant social, pas de recul de la qualité du service public et « une exploitation économiquement équilibrée ». Au passage, le patron de la Régie soigne son profil de gaulliste social avec 32 accords sociaux signés.

Quel sens donner à ce discours de l’ex-locataire de Matignon ? Il y a ceux qui y voient sa motivation à continuer de reformer la RATP. Et ceux qui ont plutôt entendu « le discours-bilan de quelqu’un qui se met en position de viser autre chose si des occasions se présentent » décrypte un ex-ministre. Parmi elle, pourquoi par la succession de Jean-Pierre Farandou à la SNCF ou encore un retour en politique à l’horizon 2027 ?

Marc Fressoz

 

 

 

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