Le feuilleton judiciaire de la rénovation de la gare du Nord connaît un nouvel épisode majeur. Le 9 février 2026, le tribunal administratif de Paris a condamné la SNCF à verser environ 274 millions d’euros à la société concessionnaire chargée du projet de transformation de la gare, filiale de Ceetrus, foncière du groupe Mulliez.
En cause : la rupture unilatérale, en 2021, du contrat de concession signé pour piloter l’ambitieux programme de modernisation de la première gare d’Europe. À l’époque, le projet, critiqué pour son ampleur commerciale et son impact urbain, avait été stoppé net par SNCF Gares & Connexions, sur fond de tensions politiques et de révision des priorités post-Covid.
La décision du tribunal rebat les cartes. Elle rappelle d’abord un principe fondamental : un contrat de concession engage juridiquement les parties, y compris lorsqu’il s’inscrit dans un environnement public et politiquement sensible. En condamnant la SNCF à indemniser son partenaire, la justice administrative souligne le coût financier d’une rupture anticipée, même motivée par des considérations d’intérêt général ou d’opportunité stratégique.
Au-delà des 274 millions d’euros, c’est toute la gouvernance des grands projets ferroviaires qui se retrouve interrogée. Comment concilier modernisation des infrastructures, exigences de service public et montages partenariaux associant capitaux privés ? Comment arbitrer entre vision urbaine, impératifs commerciaux et attentes des usagers ?
La gare du Nord, avec ses près de 700 000 voyageurs quotidiens, reste un nœud vital du réseau national et européen. La SNCF a d’ores et déjà annoncé qu’elle ferait appel.
PL



