Une solution tchèque s’esquisse pour la continuation partielle des futures ex-activités du groupe Bolloré dans le secteur du bus électrique. La nouvelle ne nous parvient ni de Prague ni du Finistère où l’industriel breton héberge ses activités dans ce domaine sous l’enseigne Bluebus.
Elle s’est offert un détour étonnant en Hongrie. Magyarbusz info, un magazine spécialisé bien informé nous apprend en effet qu’un rapprochement est plus que mûr entre Skoda et Bluebus.
L’industriel tchèque spécialisé dans la construction de matériel ferroviaire, de trams, trolleys et bus électrique vient d’établir sa filiale en France dénommée Skoda Group Bus France SA.
Enregistrée au greffe le 1 er novembre 2026, la création de cette société est donc toute fraîche et l’entreprise se résume pour l’instant à une coquille vide avec à sa tête deux responsables du groupe au profil de juristes, un président ( Karol Marsovszky) et un DG tchèques (Csasba Csorba) tchèques dont l’un supervise aussi des activités en Hongrie. Le domaine d’activité de cette filiale française recouvre les « produits et services dans le domaine de la mobilité des bus et, plus généralement, des solutions de mobilité. »
Un détail important attire l’attention : l’adresse de cette société domiciliée à Ergué-Gabéric, près de Quimper correspond à celle des activités bus et batteries de Bolloré. Mais pas question de céder les murs de l’usine, fief historique de la famille prévient l’industriel un peu pris de court par cette fuite mais qui « ne nie pas que Skoda puisse reprendre l’activité de Bluebus. »
Une affaire de milliardaires
A l’annonce surprise en septembre de l’arrêt de son acticité dans ce métier, le groupe du milliardaire Vincent Bolloré avait indiqué des discussions avec un industriel lui ayant adressé une offre de reprise de certaines activités de Bluebus.
Si l’accord aboutit, il s’agira donc très probablement du groupe européen Skoda. Le site d’Ergué-Gabéric n'aura donc pas vocation à servir de cheval de Troie à un constructeur chinois au moment où les industriels français ou européens perdent des couleurs. L’Indien Tata ne vient-il pas de célébrer le rachat effectif d’Iveco.
Propriété du fonds PPF détenu par une richissime famille tchèque proche de Daniel Kretensky - un autre milliardaire plus connu en France - Skoda tente depuis quelques années d’obtenir une implantation industrielle en France.
Alstom lui avait fait gravir une marche en le sélectionnant en finale face au fabriquant CAF lors dans le processus de vente de son usine alsacienne de construction de trains de Reichshoffen. Mais les derniers degrés étaient trop difficiles à gravir, l’Espagnol qui présentait des garanties solides pour l’avenir du site ayant été retenu en 2022.
Reste à savoir quel périmètre va reprendre Skoda, sachant que Bolloré a jeté l’éponge face au constat d’échec commercial et technologique de ses produits face aux constructeurs chinois. S’agira-t-il d’effectuer la maintenance des bus Bolloré achetés par Ile-de-France Mobilités et par les élus d’autres pays ? En principe, le Français continuera d’assurer le SAV.
De trouver des débouchés aux batteries lithium métal polymère (LMP) et de reprendre l’activité recherche et développement de Bluebus ? C’est normalement le cadre de l’accord destiné à sauvegarder 17 emplois sur 74.
S’agira-t-il pour Skoda d’utiliser Ergué Gaberic comme base d’assemblage de bus Skoda destiné au marché français ?
Réponse officielle dans quelques temps.
Marc Fressoz

