A Paris, le Métro de Milan s’empare de bus RATP

26 03 2025 | Actualités

L’événement est d’importance. Pour la première fois, un acteur européen va faire son entrée en Ile-de-France et exploiter des lignes de bus à la place de la RATP à partir de mai 2026. La société publique milanaise Azienda Transporti Milanese (ATM) a été désignée candidat pressenti par Ile-de-France Mobilités (IDFM) dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des lignes de Paris et proche banlieue. Rendus publics le 25 mars, les résultats concernant trois lots doivent encore être approuvés le 10 avril par les administrateurs d’IDFM.

La zone conquise par ATM (lot 40, Croix du sud) couvre principalement le sud des Hauts-de-Seine (Châtenay-Malabry, , Issy, Le Plessis-Robinson, Meudon, Vanves etc ). A partir du dépôt de Fontenay-aux-Roses, il exploitera pour cinq ans 19 lignes, avec 220 bus et 750 salariés transférés de la RATP.

Pour les spécialistes, ce succès d’ATM ne constitue pas une surprise. « Ils partaient de loin et ont progressivement amélioré leur jeu pour être au niveau » souligne un observateur. Depuis la fin des années 2010, l’opérateur italien a investi beaucoup de temps et d’argent pour prendre pied en Ile-de-France, commençant par répondre à des appels d’offre de bus mis en jeu par IDFM en grande couronne, au prix d’échecs à répétition.  Exploitant du métro automatique de Copenhague et aujourd’hui de celui de Thessalonique, ATM a aussi concouru, en vain, pour l’obtention de la gestion de la ligne 18 du Grand Paris Express en association avec Egis. Le lot 40 représentait sa dernière chance de ne pas rentrer bredouille en Lombardie. On s’attendait à ce que l’Italien finisse par répondre aux exigences et décrocher un trophée auprès d’IDFM. Ce scénario permet à l’autorité organisatrice de récompenser un nouvel entrant qui avec Lacroix-Savac à fait vivre la concurrence en ouvrant le jeu au-delà du trio classique RATP-Keolis-Transdev.  

 

La défaite de la RATP qui perd deux lots sur trois constitue l’autre fait saillant de cette compétition, Transdev étant l’autre grand gagnant. 1850 salariés, 380 bus, 19 lignes plus de 100 millions d’euros par an : telles sont les caractéristiques du lot 44 (Ourcq), le plus conséquent, grâce auquel Transdev va faire son entrée dans 9 arrondissements de Paris pendant au moins 6 ans.

Le coup est rude pour la RATP qui ne conserve que le plus petit des lots (Lot 36 Massy-Juvisy) avec 650 personnes, 230 bus, 19 lignes. « Je suis évidemment très déçu, compte-tenu de l’engagement des équipes de RATP Cap Île-de-France (…) qu’Île-de-France Mobilités ne nous ait pas choisis pour les lots 40 et 44 » a déploré Jean Castex dans un message interne, appelant ses équipes à continuer à se battre « pour défendre les couleurs de la RATP et du service public. »

Arrivé à la moitié du processus, IDFM doit encore attribuer 7 lots sur Paris et la petite couronne. La RATP tente de rassurer ses troupes à ce stade, soulignant « conserver plus de la moitié des activités historiquement exploitées par la RATP et déjà attribuées. » De quoi éviter la déprime ?  

Marc Fressoz  

 

 

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