À Marseille, le tramway poursuit sa mue. La ligne Tramway T3 Marseille se prolonge simultanément vers le nord et vers le sud, dessinant peu à peu un axe structurant à l’échelle de la métropole. Longtemps cantonné à un rôle de desserte partielle, le tram marseillais s’affirme désormais comme un outil de recomposition urbaine, au service des quartiers et des usages du quotidien.
Au nord, le prolongement accompagne la transformation de secteurs longtemps enclavés, en renforçant la connexion avec les pôles de vie, d’emplois et d’équipements publics. Au sud, l’extension vise à mieux irriguer des quartiers denses, marqués par une forte dépendance à la voiture, et à offrir une alternative crédible aux axes routiers saturés. Dans les deux cas, le tramway ne se contente pas d’ajouter des rails : il requalifie l’espace public, redessine les voiries, apaise la circulation et redonne une place centrale aux piétons.
Porté par la Métropole Aix-Marseille-Provence, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de montée en puissance des transports collectifs. À Marseille, où les retards historiques en matière de mobilité ont longtemps nourri le scepticisme, chaque mètre de ligne nouvelle est aussi un test politique. Celui de la capacité à tenir les calendriers, à maîtriser les chantiers, et à convaincre les habitants que le tramway n’est pas seulement un objet de contrainte temporaire, mais un investissement durable.
Car le T3 joue un rôle charnière. En reliant progressivement des centralités aujourd’hui discontinues, il renforce l’intermodalité avec le métro, les bus et les modes doux. Il prépare aussi les évolutions futures du réseau, dans une ville où la transition des mobilités ne peut plus être différée. À l’heure où la qualité de l’air, la congestion et l’accessibilité deviennent des enjeux sociaux autant qu’environnementaux, le tramway s’impose comme un compromis efficace entre capacité, régularité et insertion urbaine.
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