Mis en service en 2006, le T3a entame sa rénovation. L’infrastructure qui supporte une fréquentation record s’apprête à connaître plusieurs campagnes de tra vaux de modernisation
Une petite semaine à peine, c’est le temps dont disposent les équipes techniques de la RATP pour remplacer près de 80 m de voies sur le tramway parisien. A proximité de la Porte d’Italie, le long du boulevard Kellermann, la plateforme du T3a décrit une légère courbe dans un profil en rampe, autant d’éléments qui éprouvent la voie. En décembre, la première section du tram des Maréchaux entre Garigliano et Porte d’Ivry, fêtera son vingtième anniversaire. Un tram qui bat des records de fréquentation avec 220 à 230 000 voyageurs par jour, rien que pour le T3a, quand la meilleure ligne de province, la 1 à Montpellier, fait des pointes à 130 000. Avec le T3b, le tram des Maréchaux cumule 500 000 voyageurs au quotidien, la moitié de l’ensemble des 8 lignes de tramways exploitées par la RATP. Revers de la médaille, l’infrastructure souffre davantage et s’use plus rapidement. Avec 31 rames au parc, 28 engagées simultanément chaque jour, le T3a met ses voies à rude épreuve.
En 2022, les équipes techniques de la RATP ont procédé à un examen de l’ensemble de la plateforme à l’aide d’un engin d’inspection des voies, pour obtenir un premier diagnostic de l’état d’usure. A partir des relevés, il est apparu que des travaux lourds s’imposaient par endroits à plus ou moins court terme.
Premier secteur concerné, cette montée en courbe du boulevard Kellermann, où l’usure justifie les travaux engagés.
Plus que renouveler la voie, il s’agit de reprendre entièrement la plateforme, avant de reposer 4 files de rails pour une longueur totale de près de 300 m. Une opération complexe, en particulier avec une contrainte de temps aussi courte. Le chantier commencé le dimanche soir du 25 octobre après le dernier tram, doit s’achever le lundi 2 avant la reprise du service du matin.
Pour y parvenir dans les délais, les équipes se relaient en 3x8, 24 h sur 24, en tenant compte de l’environnement urbain et des nuisances possibles pour les riverains. Les travaux bruyants sont réalisés avant 22 h pour préserver la tranquillité.
Cette organisation quasi militaire, est en réalité le fruit d’une longue préparation de neuf mois en amont, en concertation avec les équipes techniques de la ville de Paris. Tout est fait pour réduire les nuisances, y compris visuelles, avec une base vie installée directement sur la plateforme du tramway au cœur du boulevard.
Ce chantier n’est que la première opération d’une rénovation de l’infrastructure prévue pour s’étaler jusqu’en 2030. Dans les jours à venir, les engins de contrôle des voies parcourront à nouveau l’ensemble de la ligne pour déterminer les secteurs à traiter en priorité.
Philippe-Enrico Attal

