BlaBlaCar

PACO veut récupérer une partie de l’héritage de BlaBlaCar Bus

17 09 2026 | Actualités

L’arrêt annoncé de BlaBlaCar Bus laisse derrière lui des lignes, mais surtout des autocaristes qui avaient investi dans des véhicules et des conducteurs pour les exploiter. Trois anciens de l’entreprise veulent transformer cette rupture en opportunité et ne pas laisser Flixbus en situation monopolistique  avec près de 80% des parts de  marché à la fin des contrats BlaBlacar Bus dès janvier 2027. PACO, c'est son nom, est une nouvelle entité commerciale qui se positionne donc sur les 20% restants et propose aux transporteurs de reprendre certaines liaisons  avec un modèle radicalement différent : plus de revenu kilométrique garanti, mais un partage des recettes. Une formule plus entrepreneuriale… et nettement plus risquée.

La nature a horreur du vide. Le transport par autocar aussi. Alors que les contrats de BlaBlaCar Bus doivent s’arrêter début janvier 2027, une nouvelle marque entend récupérer une partie de l’activité abandonnée : Paco. Derrière le projet, trois associés, dont deux anciens de BlaBlaCar Bus. Arthur Bertrand y a travaillé pendant trois ans ; son associé, encore dans l’entreprise au moment de l’entretien, pendant cinq ans.

L’idée est née immédiatement après l’annonce de l’arrêt de l’activité, au printemps 2026.

« On s’est dit qu’il y avait quelque chose à créer pour offrir une solution à tous les anciens partenaires BlaBlaCar qui vont se retrouver avec des véhicules et des conducteurs sur les bras, sans avoir de lignes sur lesquelles opérer », explique Arthur Bertrand.

Paco ne rachètera donc ni BlaBlaCar Bus ni ses lignes. L’ambition consiste plutôt à reconstituer certaines liaisons, avec des horaires éventuellement très proches, sous une nouvelle marque et avec les autorisations nécessaires. Arthur Bertrand évoque un démarrage autour du 10 janvier 2027, afin d’assurer autant que possible une continuité de l’offre.

C’est surtout le modèle économique qui change. Avec BlaBlaCar Bus, les transporteurs pouvaient bénéficier d’un revenu minimum garanti, le fameux RMG, calculé au kilomètre. . Le transporteur faisait rouler le véhicule tandis que le risque lié au remplissage restait largement porté par son donneur d’ordre.

Paco renverse la logique..

La jeune entreprise veut devenir la couche commerciale et technologique que beaucoup d’autocaristes indépendants n’ont pas les moyens de développer seuls. Elle prendrait en charge les demandes d’autorisation auprès de l’ART ou les procédures internationales, la tarification dynamique, la relation avec les voyageurs, le service après-vente et les remboursements, la distribution des billets ainsi que le reporting commercial.

Paco prévoit notamment de connecter les lignes aux grands canaux de distribution.

« On permet à tous les autocaristes indépendants de commercialiser des lignes longue distance sans avoir à investir dans une force commerciale », explique Arthur Bertrand.

Prix moyen, taux de remplissage, performances par tronçon : les données seraient ensuite restituées au transporteur pour piloter son activité.

Mais les cars, les conducteurs, le carburant et le risque d’exploitation restent bien du côté de l’entreprise de transport. Si la ligne fonctionne, l’autocariste peut gagner davantage qu’avec une rémunération kilométrique fixe. Si elle ne remplit pas, c’est lui qui encaisse la perte.

Pas question, dans ces conditions, de partir tous azimuts. Paco envisage une quinzaine de lignes durant le premier semestre 2027, avant une montée en puissance progressive en 2027 et 2028. Plusieurs discussions sont déjà engagées avec d’anciens partenaires de BlaBlaCar Bus.

« On a vraiment des ambitions prudentes et pragmatiques. On veut lancer quelque chose qui marche bien, sans mettre quiconque à risque, puis grossir progressivement », insiste Arthur Bertrand.

Le choix des axes sera donc déterminant. Paco compte s’appuyer sur la connaissance du marché acquise par ses fondateurs pour identifier les relations offrant le meilleur potentiel. Un point sensible pour les autocaristes, qui passent d’une logique de sous-traitance à une véritable prise de risque commerciale.

L’un d’entre eux, interrogé par Mobily-Cités et dont nous avons choisi de préserver l’anonymat, confirme à la fois l’intérêt suscité par la formule et la prudence des entreprises. "Nous disposons  de véhicules acquis pour les SLO, de conducteurs et d’une capacité d’exploitation, les mensualités des autocars et les salaires, continuent de tomber. Nous sommes donc à l'écoute de solutions viables".

Paco entend également se distinguer par la qualité. Arthur Bertrand évoque un positionnement « un peu plus premium » que celui traditionnellement associé au marché des SLO. La société souhaite sélectionner prioritairement des transporteurs affichant de bons niveaux de satisfaction voyageurs, avec des véhicules confortables et une attention particulière portée à la qualité du service et aux conducteurs.

Et comment Paco finance son l’offensive me direz-vous ? Et bien Paco prépare actuellement un plan de financement total de 1,6 million d’euros. Selon Arthur Bertrand, un million d’euros serait recherché auprès d’investisseurs privés, notamment des fonds spécialisés dans la mobilité et des business angels. Les 600 000 euros complémentaires seraient recherchés sous forme de financements bancaires et d’aides publiques.

Un premier signal est déjà venu du métier. Un autocariste implanté dans le sud de la France s’est engagé, selon Paco, à entrer au capital à hauteur de 100 000 à 150 000 euros, pour une participation envisagée de l’ordre de 2 à 3 %. Son identité n’est pas communiquée à ce stade.

La perspective est séduisante, conserver un gain plus important  lorsque les cars sont pleins. Mais la contrepartie l’est beaucoup moins, lorsqu’ils roulent à vide, il n’y a plus de revenu minimum garanti pour amortir le choc et donc... aucune chance du maintien de la ligne.

Pierre Lancien

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Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier.

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier.

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares.

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

 

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Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier. 

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Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier. 

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.  

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares. 

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

Derrière sa nouvelle signature « Bienvenue en ville », et confronté à l’érosion de ses positions historiques en Île-de-France, Xavier Piechaczyk veut transformer l’opérateur parisien en groupe industriel international. Objectif : 20 % de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2030. Une ambition qui repose sur la conquête de nouveaux marchés et sur la valorisation d’un patrimoine à valoriser.

La RATP change d’époque. Et Xavier Piechaczyk semble avoir parfaitement compris que le temps des marchés protégés touche à sa fin. L’ouverture à la concurrence en Île-de-France bouleverse le modèle économique du groupe. Il ne suffit plus d’exploiter le métro parisien et de défendre ses positions historiques. Il faut conquérir des marchés, dégager des marges et trouver de nouveaux relais de croissance.

Le chiffre le plus révélateur concerne les filiales. Dès 2027, elles représenteront plus de la moitié de l’activité du groupe. Leur chiffre d’affaires doit atteindre 5 milliards d’euros en 2030, soit un doublement annoncé. Mais attention à l’effet d’annonce : cette progression intègre le transfert des activités historiques du bus vers RATP Cap Île-de-France. Une croissance en partie comptable, donc, qui ne saurait masquer l’enjeu de la conquête commerciale. Ce n’est pas du Bonetto.

Xavier Piechaczyk entend concentrer ses forces là où la RATP dispose d’un véritable avantage concurrentiel : les réseaux complexes et, surtout, le métro automatique. Le groupe revendique une position de numéro un mondial dans cette spécialité dès 2027.

Le message adressé à Keolis, Transdev et aux grands opérateurs internationaux est limpide : la RATP ne cherchera pas nécessairement à être présente partout, mais à s’imposer sur les marchés les plus techniques et les plus rémunérateurs.

L’autre pari est moins spectaculaire, mais potentiellement lucratif. Tunnels, fibre optique, réseaux énergétiques, immobilier, maintenance : Xavier Piechaczyk veut transformer les savoir-faire et les actifs du groupe en véritables centres de profit. La RATP ne vendrait plus seulement des kilomètres parcourus, mais des compétences industrielles et des services urbains.

Cette diversification pose néanmoins une question : jusqu’où peut-elle s'éloigner de son métier historique sans disperser ses moyens ?

Enfin, Xavier Piechaczyk promet une direction resserrée, davantage d’autonomie aux filiales et moins de normes internes. Derrière cette réforme de gouvernance se profile un enjeu décisif : faire fonctionner une entreprise publique historique avec la réactivité d’un groupe soumis à la concurrence.

Reste une faiblesse dans cette feuille de route : si les objectifs de chiffre d’affaires sont affichés, les investissements, les marges visées et les économies attendues ne sont pas détaillés.

La RATP a donc fixé son cap, mais pas encore dévoilé tous les moyens de l’atteindre.

PL