Xavier Piechaczyk veut faire jouer ensemble la RATP et Keolis à l’extérieur.

22 01 2026 | Actualités

Auditionné le 21 janvier au Sénat pour la présidence de la RATP, l’actuel patron de RTE Xavier Piechaczyk s’est dit prêt, s’il accède au poste, à « discuter d’une équipe de France avec Keolis, la SNCF » et les grand BTPistes français sur les marchés internationaux.

Concurrents chez soi, alliés chez les autres : Cela tombe bien car cette stratégie converge avec celle théorisée à plusieurs reprises devant le Parlement par Jean Castex, tant avec sa casquette de PDG de la RATP qu’avec celle de nouveau patron de la SNCF et indirectement de Keolis. Pour la présidence de l’opérateur, la sélection d’une présidente venant d’un autre secteur, et compatible avec ce dessein, se poursuit par ailleurs.

L’argument massue de Jean Castex ? Plutôt que de détruire de la valeur en s’affrontant férocement en Australie ou aux Etats-Unis, en unissant leur force sur les théâtres étrangers, les champions publics français peuvent rafler ensemble des contrats et tenter de préserver leurs marges. Ce qui n’empêchera toutefois pas Transdev et d’autres de candidater.

Voilà pour la théorie. Il suffisait de lire les grimaces sur le visage de certains dirigeants des deux groupes en question croisés le jour même des déclarations du candidat, pour comprendre qu’un rapprochement entre des concurrents aux cutures d’entreprises si différentes ne va jamais de soi.

Durant le quinquennat Sarkozy, deux exemples « d’équipes de France » dessinées par l’exécutif comme des jardins à la française ont montré les limites des associations contre nature entre des champions ayant des rapports comme chiens et chats. L’attelage EDF-Areva n’a pas empêché la France de perdre des contrats de centrales nucléaires au Moyen-Orient, ni le consortium Alstom-SNCF de perdre la construction du TGV saoudien.

Les chances de succès de Xavier Piechaczyk, ancien collaborateur de François Hollande à l’Élysée, proposé par Emmanuel Macron, paraissent quant à elle plutôt élevées, au vu de son oral solide, à la fois techno et très politique. Mais bien moins haut en couleurs que celui de l’ex-PDG. Seule faiblesse dans la cuirasse, ses rapports avec les syndicats qui lui ont valu des questions pressantes des sénateurs.

Reste l’audition devant les députés la semaine prochaine, à l’issue de laquelle on connaîtra le vote des parlementaires.

 

Marc Fressoz

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