Automatisation : la ligne 13 bascule enfin !

04 09 2025 | Actualités

Cette fois, c’est bien parti pour l’automatisation de la ligne 13 du métro parisien. Avec le choix (sans grande surprise) de Siemens Mobility, la RATP donne le top départ d’une opération attendue de longue date. La ligne la plus « problématique » du métro parisien, celle qui au fil des années était devenue le symbole de la dégradation des conditions de transport des voyageurs, devrait donc connaître enfin des conditions d’exploitation à la hauteur de ses 550 000 voyageurs quotidiens. L’automatisation, décidée par IDF en 2022, est la dernière étape d’un long processus de modernisation qui a commencé avec l’installation de portes palières de Montparnasse à Place de Clichy, ainsi qu’aux stations les plus fréquentées de Saint-Denis et au terminus de Châtillon. La rénovation du matériel roulant MF77 à partir de 2007, pour tenter d’augmenter la capacité des rames en réduisant les places assises, n’aura là non plus, pas suffi à faire disparaître des surcharges des heures de pointe, en particulier sur la partie nord de la ligne. L’exploitation en deux branches à partir de La Fourche, est devenue au fil du temps le casse-tête de la RATP, conduisant à envisager le débranchement de l’antenne d’Asnières-Gennevillers, un temps prévu pour se raccorder à la ligne 14.

Faute de mieux, plusieurs mesures complémentaires ont été mises en œuvre pour gagner de précieuses secondes, comme le retour automatique des rames au terminus de Châtillon, ou plus « rustique », des agents installés sur les quais devant les portes aux heures de pointe, pour dissuader les voyageurs d’embarquer pendant la fermeture des portes.

Pour l’heure, la ligne de 24 km dispose du système de marche automatique Siemens de type GoA2 qui ne laisse au conducteur que la fermeture des portes, le départ du train et la supervision de la marche. Après la mise en service en 1998 de la ligne 14 entièrement automatique, (avec un système de pilotage renouvelé pour les JO) et la conversion du mode manuel à l‘automatisme intégral des lignes 1 et 4, IDFM s’engage à présent dans la modernisation de la ligne 13. L’opération intervient en parallèle à l’arrivée sur le réseau du nouveau matériel MF19 actuellement en test sur la ligne 10. Si les premiers trains sont attendus sur la 13 en 2027, la bascule totale de la ligne à la marche automatique ne devrait pas intervenir avant 2032.

Avant cela, une modernisation complète de la ligne sera réalisée, à commencer par les stations avec notamment le remplacement des actuelles portes palières par un modèle compatible avec le MF19. En parallèle, un nouveau poste de commande centralisée (PCC) sera mis en service. A terme, la 13 disposera du système de marche automatique GoA4, déjà opérationnel sur les lignes 1, 4 et 14.

La 13 pourrait bien ne pas être la dernière ligne automatisée, alors qu’IDFM verrait bien les 7 et 8, elles aussi équipées aujourd’hui du MF77, se convertir à la marche automatique, peut-être même avant la mise en service complète du système sur la 13. Là encore, l’arrivée des nouvelles rames MF19 sur ces deux lignes, matériel modulaire apte à la marche automatique, pourrait favoriser l’opération.

Philippe-Enrico Attal

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Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier.

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Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

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Marc Fressoz

 

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Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier. 

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.  

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares. 

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

Derrière sa nouvelle signature « Bienvenue en ville », et confronté à l’érosion de ses positions historiques en Île-de-France, Xavier Piechaczyk veut transformer l’opérateur parisien en groupe industriel international. Objectif : 20 % de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2030. Une ambition qui repose sur la conquête de nouveaux marchés et sur la valorisation d’un patrimoine à valoriser.

La RATP change d’époque. Et Xavier Piechaczyk semble avoir parfaitement compris que le temps des marchés protégés touche à sa fin. L’ouverture à la concurrence en Île-de-France bouleverse le modèle économique du groupe. Il ne suffit plus d’exploiter le métro parisien et de défendre ses positions historiques. Il faut conquérir des marchés, dégager des marges et trouver de nouveaux relais de croissance.

Le chiffre le plus révélateur concerne les filiales. Dès 2027, elles représenteront plus de la moitié de l’activité du groupe. Leur chiffre d’affaires doit atteindre 5 milliards d’euros en 2030, soit un doublement annoncé. Mais attention à l’effet d’annonce : cette progression intègre le transfert des activités historiques du bus vers RATP Cap Île-de-France. Une croissance en partie comptable, donc, qui ne saurait masquer l’enjeu de la conquête commerciale. Ce n’est pas du Bonetto.

Xavier Piechaczyk entend concentrer ses forces là où la RATP dispose d’un véritable avantage concurrentiel : les réseaux complexes et, surtout, le métro automatique. Le groupe revendique une position de numéro un mondial dans cette spécialité dès 2027.

Le message adressé à Keolis, Transdev et aux grands opérateurs internationaux est limpide : la RATP ne cherchera pas nécessairement à être présente partout, mais à s’imposer sur les marchés les plus techniques et les plus rémunérateurs.

L’autre pari est moins spectaculaire, mais potentiellement lucratif. Tunnels, fibre optique, réseaux énergétiques, immobilier, maintenance : Xavier Piechaczyk veut transformer les savoir-faire et les actifs du groupe en véritables centres de profit. La RATP ne vendrait plus seulement des kilomètres parcourus, mais des compétences industrielles et des services urbains.

Cette diversification pose néanmoins une question : jusqu’où peut-elle s'éloigner de son métier historique sans disperser ses moyens ?

Enfin, Xavier Piechaczyk promet une direction resserrée, davantage d’autonomie aux filiales et moins de normes internes. Derrière cette réforme de gouvernance se profile un enjeu décisif : faire fonctionner une entreprise publique historique avec la réactivité d’un groupe soumis à la concurrence.

Reste une faiblesse dans cette feuille de route : si les objectifs de chiffre d’affaires sont affichés, les investissements, les marges visées et les économies attendues ne sont pas détaillés.

La RATP a donc fixé son cap, mais pas encore dévoilé tous les moyens de l’atteindre.

PL