Il n’y avait ni triomphalisme ni grandes envolées dans les vœux de Philippe Tabarot à la traditionnelle, très réussie, cérémonie de l’UTPF ce jeudi. Il y avait mieux : une méthode. Celle d’un ministre qui parle d’expérience, de contraintes et de temps long, dans un secteur où l’urgence est permanente mais où les décisions s’inscrivent sur des décennies.
D’emblée, le ministre installe le décor. L’épisode neigeux, la tempête, les blocages évités : le transport comme thermomètre silencieux de la résilience nationale. « Stop au French bashing », lance-t-il, rappelant que le pays a tenu, grâce aux agents, aux entreprises, aux décisions parfois impopulaires mais nécessaires.
Premier pilier de son action, la sûreté. Philippe Tabarot ne se contente pas d’énoncer une priorité, il la documente. Loi adoptée, décrets publiés, dispositifs déployés : caméras-piétons pour les contrôleurs, vidéoprotection frontale dans les tramways, élargissement des prérogatives des agents. Le ministre assume la complexité juridique, revendique le temps du droit et rappelle que la sécurité n’est efficace que lorsqu’elle est juridiquement incontestable.
Le ton est donné : la sécurité s’impose comme le fil conducteur d’un État qui assume de protéger, d’équiper et d’encadrer, dans un cadre durable et totalement sécurisé sur le plan du droit, avec ceinture constitutionnelle, bretelles de la CNIL et, en ultime garantie, le « parachute ventral » du Conseil d’État.
Mais la sécurité n’est pas une fin en soi. Elle est le socle d’un deuxième pilier : la qualité de service. Des transports plus fiables, plus confortables, plus lisibles. L’ouverture à la concurrence est présentée sans dogme ni naïveté : utile pour stimuler l’offre et contenir les coûts, mais insuffisante si elle n’est pas accompagnée sur la billettique, le social et l’organisation des réseaux. Là encore, le discours est mesuré, presque pédagogique.
Reste la question centrale, celle que tout le monde attend : le financement. Philippe Tabarot avance par touches successives. Versement mobilité régional et rural, soutien au fret ferroviaire, retour des trains de nuit, prise en charge partielle des abonnements domicile-travail, et surtout la conférence « Ambition France Transports », présentée comme le socle intellectuel de la politique à venir. Le message est clair : il faut un budget, non pour dépenser plus, mais pour investir mieux.
Au fond, Philippe Tabarot ne promet pas de miracles, il revendique une trajectoire. Celle d’un État qui sécurise, régule et accompagne. Nous souhaite une bonne année et nous donne rendez-vous l’an prochain. A bientôt cher Philippe Tabarot !
Pierre Lancien



