Tic-tac, tic-tac… Le compte à rebours approche de sa fin et la pression monte un peu plus sur la Côte d’Azur. A presqu’un mois du démarrage de l’exploitation de la ligne TER Nice-Marseille sous régime Transdev le 29 juin, l’entreprise ferroviaire vient seulement de prendre en main quatre premières rames neuves sur une commande totale de 16. « La quatrième envoyée par Alstom est d’ailleurs arrivée dimanche 18 mai à Marseille » confie un des acteurs. A la bourre, l’industriel est incapable de garantir la totalité du parc pour l’ouverture cet été, contrairement à son engagement contractuel et promet de remettre un deuxième quart des trains d’ici cette échéance.
« C’est un grand jour d’avoir enfin le logo Transdev sur une rame TER » savoure néanmoins le PDG du groupe Thierry Mallet, faisant l’article de ce modèle Omnéo deux niveaux auprès du président de la région Renaud Muselier : « Il y a 58 places en première, 300 en seconde ». Les deux partenaires qui s’extasient ont voulu marquer cette étape importante en dévoilant officiellement le 19 mai en gare Saint-Charles la première rame symbolique.
Plus discret que les autres, Frédéric Wiscart le patron d’Alstom France promet que ses trains offriront « un voyage plus agréable ». Il représentait le constructeur français dont on a appris mi-mai que le directeur général, Henri Poupart-Lafarge, sur la sellette depuis longtemps en raison des mauvaises performances industrielles, va quitter l’entreprise.
Premier président de région à choisir une autre entreprise que la SNCF, Renaud Muselier, lui, est fier de mener « une révolution ferroviaire » répétant le slogan trouvé avec Transdev, qui va avec. « Tout change sauf la vue ». Les voyageurs vont voir ce qu’ils vont voir entre Nice et Marseille ! La mer sera toujours là, mais en matière ferroviaire tout va changer (trains neufs au lieu des corail, cadences plus élevées etc). Pourvu que les voyageurs notent la différence avec la SNCF.
Pour l’heure, tandis que Transdev peaufine la formation de ses conducteurs et personnel de bord – certains sont d’ancien sédentaires agents d’accueil en gare TGV ou sur les terminaux de Corsica Linéa – il s’agit de s’assurer qu’Alstom ne dérape plus. Le constructeur qui produit ses rames à Crespin a promis la livraison complète pour fin novembre 2025.
En attendant, pour faire la jointure, l’opérateur ferroviaire privé et son financeur ont dû louer des TER de secours à des régions qui n’en ont pas besoin actuellement : Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, et Centre Val-de-Loire, si bien que l’entreprise historique restera encore un peu dans le coup. « La maintenance sera effectuée par SNCF Voyageurs » souligne un des acteurs.
Et de continuer : « L’urgent c’est de démarrer, on réglera ensuite nos affaires avec Alstom en appliquant les clauses prévues dans le contrat mais il faut que les avocats s’accordent sur les détails ». Pour faire simple, l’idée est de parvenir à ce que les frais de location soient couverts par les pénalités de retard dues par Alstom et que cette ne coûte rien à l’entreprise et à la région.
Marc Fressoz



