SNCF Gares & Connexion se fait remarquer…

18 09 2026 | Actualités

La SNCF dévoile son carré magique censé aider à catalyser des fonds publics mais aussi privés - ce serait une première - vers la rénovation de ses gares. Le 15 octobre, c’est Alain Resplandy-Bernard, le nouveau directeur général de SNCF Gares & Connexions qui a lui-même activé le dispositif à Paris Gare de Lyon en révélant à la lumière une plaque portant l’inscription “ Gare remarquable ” avec un dessin ésotérique d’horloge élaboré dans les arcanes de la maison. « Je ne saurais dire qui en a eu l’idée, c’est le fruit d’un travail collectif » assure le dirigeant arrivé en octobre 2025.

Sans une initiation accélérée permise par le dossier de presse, on mettrait du temps à décrypter le sens des symboles. Le cadran, c’est la ville qui entoure la gare ; le carré, c’est la gare ; au milieu les aiguilles sur 1h37, c’est bien sûr pour rappeler l’année 1837 qui a vu apparaître la première gare de voyageur ; la pointe arrondie de l’aiguille du haut c’est le bout d’un TGV.

Quant aux ornements sur l’extérieur du cercle, ils font penser à un ananas arrondi qui aurait quatre queues. En fait ce sont les ornements des gares des origines.

La gare de Lyon fait ainsi partie des 47 premiers édifices labellisées comme remarquables par la filiale de la SNCF. La liste comprend notamment Austerlitz, Paris Nord, Vanves Malakoff, Modane, Clermont Ferrand, Limoges, Tours, Chartres, Amiens, Lens... Impossible de toutes les citer. « Elles correspondent à celles inscrites au répertoire des Monuments historiques ou distinguées comme Architecture contemporaine remarquable » précise le directeur général. On note la présence de TGV Meuse, seule représentante de l’ère de la grande vitesse.

Une seconde vague mettra à l’honneur d’autres échantillons de ce beau patrimoine ferroviaire. D’ici là, début 2027 Gares et Connexions aura embarqué des élus, des institutions publiques, et des représentants d’instances académiques au sein de son futur « comité scientifique de labellisation ». Figure populaire de la défense du patrimoine, Stéphane Bern en sera-t-il ?

Mais à quoi bon sur-èlabelliser ses édifices qui le sont déjà ? C’est que la SNCF veut créer « une mobilisation », « mettre à l’honneur les gares reconnues pour leur valeur architecturale, mémorielle ou esthétique » et comme sites emblématiques des villes et des territoires. Alain Resplendy-Bernard pousse encore plus loin l’explication : « C’est un patrimoine essentiel pour la nation dont nous sommes garants, les Français adorent leurs gares, ils sont très fiers, et il faut donner envie d’en prendre soin et également le défi de l’adaptation climatique ».

Dans chaque ville impliquée, la SNCF compte bien enclencher un mouvement, grâce aux associations de passionnés du patrimoine,  grâce aux médias locaux, grâce au public,  et grâce aux élus évidemment. De quoi créer un climat, des émotions propices à des élans sonnants et trébuchants de la part des financeurs habituels ? Certitude, les besoins d’investissement de Gares et Connexions sont considérables.

« Dans le plan stratégique de Gares et Connexions que nous présenterons au cours d’un conseil d’administration en novembre, nous porterons à 500 millions par an l’effort de rénovation contre 350 millions actuellement avec une priorité accordée aux gares remarquables » dévoile le dirigeant, soulignant au passage la fragilité du modèle économique de Gares et Connexions.

La filiale rattachée directement à SNCF Réseau fonctionne avec des recettes tirées des entreprises ferroviaires et des commerces ainsi qu’avec des subventions de l’Etat, des régions ( qui règlent aussi l’addition des péages de leurs TER en gare ) et  des communes. Pour boucler les factures, « nous avons intérêt à aller voir les communes car les gares constituent la porte d’entrée dans une ville. »

Murement réfléchie, la stratégie épouse la philosophie de la lettre du 3 septembre où Jean Castex s’adresse aux cheminots. Le PDG leur annonce que pour accélérer l’adaptation au changement climatique, la SNCF s’apprête à solliciter « l’État et les autorités organisatrices » pour obtenir des « moyens juridiques et financiers complémentaires ».

Mais avec les efforts budgétaires qui se profilent, miser tout sur un hypothétique surcroit de générosité des sponsors publics serait source de désillusion. Issu de la Cour des Comptes, Alain Resplandy-Bernard le sait. Diplômé d’HEC, le chef des gares a d’autres plans reposant sur la captation d’argent privé.

«  Je pense que nous verrons arriver des mécènes pour aider à la rénovation des gares. Mais pour l’instant, ce n’est pas possible. Il faut faire sauter un verrou législatif car on ne peut pas recevoir et utiliser soi-même les fonds » éclaire-t-il comme si le traitement de la question était sur sa rampe de lancement.

Nul doute que les plus de 840 millions d’euros déversés par des donateurs privés pour reconstruire Notre-Dame de Paris ont frappé les esprits. Verra-t-on un jour les grandes fortunes comme les familles Arnault, Bettencourt, Pinault, etc faire un geste ferroviaire remarquable ? Si certaines comme la gare du Nord reçoivent souvent ce titre, toutes ne sont pas des cathédrales, encore moins des cathédrales ravagées par les flammes. Il n’y a pas le feu. Mais c’est urgent !

Marc Fressoz

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La RATP réussira-t-elle son chantier de la simplification ? En tout cas, elle part en chasse contre son trop plein de normes internes et ses écrits qui étouffent parfois son fonctionnement. « Nous avons identifié 30 % d’instructions générales qui étaient inutiles, superfétatoires » explique Xavier Piechaczyk à la tête du groupe depuis février 2026. Cela a fait partie de mon rapport d’étonnement en arrivant, j’ai même trouvé une instruction générale expliquant comment rédiger une instruction générale ». Bref trop « centralisé par endroit »,  l’EPIC mérite « un travail de fond très important d’allégement normatif » afin de redonner un peu de sens au travail des manageurs.

Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier.

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier.

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares.

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

 

La RATP réussira-t-elle son chantier de la simplification ? En tout cas, elle part en chasse contre son trop plein de normes internes et ses écrits qui étouffent parfois son fonctionnement. « Nous avons identifié 30 % d’instructions générales qui étaient inutiles, superfétatoires » explique Xavier Piechaczyk à la tête du groupe depuis février 2026. Cela a fait partie de mon rapport d’étonnement en arrivant, j’ai même trouvé une instruction générale expliquant comment rédiger une instruction générale ». Bref trop « centralisé par endroit »,  l’EPIC mérite « un travail de fond très important d’allégement normatif » afin de redonner un peu de sens au travail des manageurs. 

Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier. 

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier. 

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.  

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares. 

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

Derrière sa nouvelle signature « Bienvenue en ville », et confronté à l’érosion de ses positions historiques en Île-de-France, Xavier Piechaczyk veut transformer l’opérateur parisien en groupe industriel international. Objectif : 20 % de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2030. Une ambition qui repose sur la conquête de nouveaux marchés et sur la valorisation d’un patrimoine à valoriser.

La RATP change d’époque. Et Xavier Piechaczyk semble avoir parfaitement compris que le temps des marchés protégés touche à sa fin. L’ouverture à la concurrence en Île-de-France bouleverse le modèle économique du groupe. Il ne suffit plus d’exploiter le métro parisien et de défendre ses positions historiques. Il faut conquérir des marchés, dégager des marges et trouver de nouveaux relais de croissance.

Le chiffre le plus révélateur concerne les filiales. Dès 2027, elles représenteront plus de la moitié de l’activité du groupe. Leur chiffre d’affaires doit atteindre 5 milliards d’euros en 2030, soit un doublement annoncé. Mais attention à l’effet d’annonce : cette progression intègre le transfert des activités historiques du bus vers RATP Cap Île-de-France. Une croissance en partie comptable, donc, qui ne saurait masquer l’enjeu de la conquête commerciale. Ce n’est pas du Bonetto.

Xavier Piechaczyk entend concentrer ses forces là où la RATP dispose d’un véritable avantage concurrentiel : les réseaux complexes et, surtout, le métro automatique. Le groupe revendique une position de numéro un mondial dans cette spécialité dès 2027.

Le message adressé à Keolis, Transdev et aux grands opérateurs internationaux est limpide : la RATP ne cherchera pas nécessairement à être présente partout, mais à s’imposer sur les marchés les plus techniques et les plus rémunérateurs.

L’autre pari est moins spectaculaire, mais potentiellement lucratif. Tunnels, fibre optique, réseaux énergétiques, immobilier, maintenance : Xavier Piechaczyk veut transformer les savoir-faire et les actifs du groupe en véritables centres de profit. La RATP ne vendrait plus seulement des kilomètres parcourus, mais des compétences industrielles et des services urbains.

Cette diversification pose néanmoins une question : jusqu’où peut-elle s'éloigner de son métier historique sans disperser ses moyens ?

Enfin, Xavier Piechaczyk promet une direction resserrée, davantage d’autonomie aux filiales et moins de normes internes. Derrière cette réforme de gouvernance se profile un enjeu décisif : faire fonctionner une entreprise publique historique avec la réactivité d’un groupe soumis à la concurrence.

Reste une faiblesse dans cette feuille de route : si les objectifs de chiffre d’affaires sont affichés, les investissements, les marges visées et les économies attendues ne sont pas détaillés.

La RATP a donc fixé son cap, mais pas encore dévoilé tous les moyens de l’atteindre.

PL