Les autocaristes réclament davantage qu’un pansement. Face à une envolée des prix des carburants de près de 35 % en un mois, le Gouvernement a commencé à dévoiler les contours d’un plan de soutien destiné aux transporteurs routiers. Mais pour les entreprises du transport routier de voyageurs, déjà fragilisées par des marges très faibles, ces premières annonces restent très loin de compenser l’ampleur du choc.
Le dispositif présenté par le ministre des Transports, Philippe Tabarot, repose principalement sur une aide forfaitaire versée par véhicule. Celle-ci atteindrait 130 euros par autocar et 70 euros par ambulance, avec un plafond fixé à 30 000 euros par entreprise. Pour y prétendre, les sociétés devront avoir déposé avant le 15 avril une demande de report de charges sociales auprès de l’URSSAF. Les aides seraient versées par l’Agence de services et de paiement, comme lors de la crise de 2022.
En parallèle, l’Etat a confirmé la possibilité de reporter les cotisations sociales, d’étaler certaines échéances fiscales et de recourir à des prêts de court terme via Bpifrance pour les entreprises les plus exposées.
Pour la Fédération Nationale des Transports de Voyageurs, ces annonces ont le mérite d’exister mais elles restent très insuffisantes. Dans un secteur où les marges dépassent rarement 1 à 2 %, la flambée du gazole absorbe désormais l’intégralité des bénéfices. Le carburant représente déjà en temps normal plus de 20 % du coût de revient d’un autocar ; il peut désormais approcher les 30 %. Certaines entreprises commencent même à envisager de réduire leur activité ou de suspendre certains services si la situation se prolonge.
Le problème est particulièrement aigu dans le transport conventionné. Les entreprises exécutent des contrats publics dont les clauses d’indexation ne permettent pas toujours de répercuter rapidement la hausse des coûts. Dans certaines régions, les révisions tarifaires sont trimestrielles, voire annuelles. Résultat : les autocaristes continuent à rouler avec des tarifs calculés sur un carburant d’avant-crise.
C’est pourquoi la FNTV réclame désormai une baisse des taxes sur le carburant, une augmentation du remboursement de TICPE, ainsi qu’une application plus large de la théorie de l’imprévision dans les contrats publics afin de permettre une révision rapide des prix. La FNTV souhaite également que le transport routier de voyageurs bénéficie, comme le transport de marchandises, d’une indexation automatique et immédiate des tarifs sur l’évolution du coût du gazole.
Pierre Lancien



