Laurent-MAHIEU
Laurent Mahieu
Directeur régional Transdev Hauts-de-France et Grand Est

« Nous visons une amélioration continue de la qualité pour nos voyageurs »

Ancien DRH puis directeur du réseau de Dunkerque, le nouveau Directeur régional, Laurent Mahieu, a à cœur de mobiliser les équipes autour de la qualité de service des réseaux opérés par Transdev dans les régions Hauts-de-France et Grand Est.

Propos recueillis par Florence Guernalec

Vous êtes directeur régional de Transdev Hauts-de-France et Grand Est depuis janvier 2024. Quel est votre parcours ? 

Laurent Mahieu : Je travaille depuis une quinzaine d’années au sein du groupe Transdev. Dans mes précédentes fonctions, j’étais directeur territorial Transdev Côte d’Opale et directeur général de DK’BUS, le réseau de la communauté urbaine de Dunkerque. J’ai occupé ce dernier poste durant une dizaine d’années. J’ai notamment œuvré sur le projet emblématique de l’amélioration de DK’BUS : nouveau réseau, augmentation des fréquences, gratuité et montée en gamme des véhicules et services. Auparavant, j’ai eu un parcours de DRH et je suis reconnaissant que Transdev valorise des parcours différents pour sa direction. De cette expérience, j’ai gardé un goût prononcé pour le dialogue avec les équipes qui font notre qualité de service au quotidien.

 

Quelle est votre feuille de route dans les Hauts-de-France ?

Nous avons pour objectif l’amélioration continue de la qualité de service dans les transports en commun afin d’être une alternative de plus en plus décarbonée et crédible à la voiture individuelle. Cela peut passer par des lignes de cars à haut niveau de service, par exemple, mais aussi par une montée en qualité des services que nous opérons déjà pour le compte des autorités organisatrices. Sur des réseaux dynamiques comme Dunkerque, Calais, Lens-Béthune, Saint-Quentin ou Beauvais nous aspirons notamment à augmenter la fréquentation et la part modale des transports en commun. C’est aussi le cas pour les réseaux du Grand-Est dont j’ai la charge, comme à Reims.

 

Vous souhaitez aussi mettre l’accent sur la féminisation des métiers du transport…

En effet, ce sujet me tient particulièrement à cœur, et je le porte fièrement auprès de mes équipes. Nous avons conscience qu’un travail de fond doit être mené au niveau de notre groupe comme celui de la profession pour rendre le métier plus visible et plus attractif. Cela concerne les postes de conduite, mais aussi d’autres métiers comme la maintenance par exemple. Transdev compte près de 30% de femmes tous métiers confondus sur la région Hauts-de-France. Même si un effort a déjà été engagé, je souhaite que cette part progresse encore. Je suis convaincu que nous devons montrer davantage de conductrices, de techniciennes, de directrices ; c’est par l’exemple et en rendant ces métiers plus visibles que nous parviendrons à attirer davantage de femmes vers notre secteur.

« Transdev a été précurseur dans les Hauts-de-France : le réseau Tadao a été le premier à se lancer dans l’hydrogène »

Transdev Hauts-de-France est-elle confrontée à une pénurie de conducteurs ?

Nous avons déployé plusieurs outils pour remédier à nos difficultés de recrutement, comme l’Académie by Transdev : ces centres de formation internes, implantés partout sur le territoire, nous ont permis de faire face à la pénurie de conducteurs. Nous avons également déployé des cars itinérants qui nous permettent d’aller directement à la rencontre de ceux qui veulent nous rejoindre et surtout, d’attirer des candidats qui ne pensent pas forcément à nos métiers ! Nous multiplions les initiatives de partenariats : avec la région Hauts-de-France par exemple, qui finance le permis de conduire, ou encore les collectivités d’Artois-Gohelle et Dunkerque, en lien avec des associations locales comme Entreprendre ensemble. Nous regardons également avec attention les possibilités de bi-activité des agents de fonction la publique de la Région.

Comment Transdev met en œuvre la transition énergétique dans les réseaux qu’elle opère ?

Nous nous efforçons d’être force de proposition sur ces sujets pour nos clients collectivités. Transdev a été précurseur dans la région des Hauts-de-France : le réseau Tadao était notamment le premier en France à lancer une ligne de bus à hydrogène. Dunkerque va également recourir à ce type de solution.  Nous sommes également positionnés sur les biocarburants avec le réseau Tadao à Lens. D’autres réseaux testent actuellement ces alternatives. Nous sommes aussi aux côtés de nos clients comme Beauvais, Dunkerque, Compiègne ou encore Mulhouse qui ont fait le choix du bioGNV il y a quelques années : tout l’enjeu consiste désormais à maintenir l’intérêt pour cette filière. En effet, des collectivités ont fourni des efforts pour passer à cette énergie alternative : l’abandonner maintenant, ce serait pénaliser les réseaux qui ont voulu être en avance de phase en matière transition énergétique… 

Parallèlement, nous avons la volonté de nourrir la réflexion des collectivités sur l’électrification des flottes avec l’alternative d’investir soit dans des véhicules neufs soit dans des opérations de rétrofit de véhicules en fin de vie. Nous croyons à la pertinence du rétrofit des véhicules : le groupe Transdev est ainsi à l’origine d’une première Européenne avec l’homologation d’un car rétrofité électrique pour le transport de passagers, avec un passage à l’échelle cette année visant le déploiement de 20 autres cars, avec la Région Centre Val de Loire. 

Si on s’intéresse aux voyageurs, y a-t-il des enjeux d’interopérabilité et de billettique à l’échelle régionale ? 

Hauts-de-France Mobilités a été précurseur avec la carte Pass Pass qui permet aux usagers de se déplacer avec un seul support sur différents réseaux de transport urbains et interurbains de la Région. Elle permet également l’accès à d’autres offres de mobilités (V’lille, Vel’in, parkings vélos DK’bus, parkings vélos SNCF, ou encore les voitures en autopartage du réseau Citiz). Il faut continuer à s’appuyer sur cet excellent outil. À une échelle inter-régionale, j’imagine un futur avec davantage d’interopérabilité avec l’Ile-de-France, notamment pour les navetteurs quotidiens qui vivent dans l’Oise et qui sont contraints de se déplacer en région parisienne. Un rapprochement entre nos deux Régions serait une excellente nouvelle pour les voyageurs !

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Grégoire de Lasteyrie

Grégoire de Lasteyrie

Président de la Communauté Paris-Saclay, conseiller régional d’Ile-de-France, en charge des nouvelles mobilités