Iveco monte en puissance dans l’électrique pour défendre son bastion français

04 12 2024 | Actualités

Le constructeur Iveco a dévoilé cette semaine à Lyon la version électrifiée de son autocar à succès, le Crossway qui jusqu’ici avait l’objet d’opération de retrofitage menée par des artisans spécialisés. Offrant une autonomie de moins de 500 km, celui-ci témoigne de la préparation du constructeur à l’obligation de ne vendre en 2035 que des autocars et bus à zéro émission en Europe où Iveco revendique une part de marché de 23%.

Autant la fin du thermique est vécue comme une contrainte par les européens autant elle constitue une aubaine pour les constructeurs chinois BYD et Yutong qui trouvent l’occasion de faire valoir leur maturité technologique et des prix hors compétition.

Si le Crossway Elec sortira des chaînes de l’usine de Vysoke Myto en République tchèque, en France l’Italien monte en puissance avec l’électrification de son usine phare d’Annonay consacrée aux bus. Il a commencé ces dernières semaines à y fabriquer ses propres batteries de dernière génération, en plus de produire depuis cette année des véhicules zéro émission. « Leur production était jusqu’ici assurée par le seul site de Rorthais (Deux-Sèvres). Les lignes accueilleront aussi la production des nouveaux modèles à pile à combustible » indique le constructeur. 

Au total, Iveco a engagé un plan de plusieurs centaines de millions d’euros en Europe dont 200 millions en France pour développer une plate-forme de véhicule propre. Cette stratégie industrielle territoriale sert une stratégie commerciale axé sur la proximité avec les acteurs du marché local (élus locaux, Etat etc.)

« Nous sommes les seuls acteurs à avoir investi autant en Europe, sans nous délocaliser sur les marchés low cost. Comme nous ne pouvons pas lutter sur les prix, nous misons sur la connaissance du marché, la capacité à apporter des services là, un domaine où certains se sont casser les dents » expliquait Domenico Nucera, le président d’Iveco Bus à l’occasion du salon EuMo de septembre 2024 où l’entreprise avait déployé plusieurs dizaines de collaborateurs sur son grand stand. Avec 47 % de part de marché en France l’industriel a gros à perdre.

Marc Fressoz

À lire également

Robotaxis : le rappel de Waymo rappelle que l’autonomie n’est pas encore infaillible

La conduite autonome a beau multiplier les démonstrations spectaculaires, elle reste confrontée à une réalité toute simple : la route ne ressemble jamais tout à fait à ce qui était prévu. La preuve avec Waymo, filiale d'Alphabet (Google) et référence mondiale du...

Déserts médicaux : quand la prévention monte à bord

Entre horaires décalés, amplitudes importantes et difficultés d’accès aux soins dans certains territoires, prendre soin de sa santé relève parfois du parcours du combattant. Face à ce constat, Carcept Prev a choisi de renverser la logique : plutôt que d’attendre les...

Traine… Italia

Trenitalia inquiète la SNCF où l’on préfère parier sur Velvet. « J’ai du mal à croire que la question de la distribution des titres soit l’explication des difficultés de Trenitalia dont l’avenir paraît compliqué » estime ce dirigeant de SNCF Voyageurs. « En dehors du...

Rénovation à mi-vie : Île-de-France Mobilités ouvre un nouveau marché industriel pour les bus et les cars

Alors que toute l’attention se porte sur l’achat massif de véhicules propres, Île-de-France Mobilités vient discrètement ouvrir un autre chantier tout aussi stratégique : celui de la rénovation à mi-vie des bus et des autocars. Une décision qui pourrait créer une...

Traine… Italia

Trenitalia inquiète la SNCF où l’on préfère parier sur Velvet. « J’ai du mal à croire que la...