Grand Paris Express : la première rame d’essai a circulé à 100 km/h sur la ligne 18
Le projet d’ouverture en octobre prochain de la ligne 18 du super métro de la région parisienne avance comme sur des roulettes. En témoigne cette étape technique récemment franchie. « Vendredi [ 3 avril], nous avons fait pour la première fois circuler une rame à sa vitesse de pointe commerciale à 100 km/h en automatique » s’est félicité le président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP) Jean-François Monteils lors d’une rencontre avec des journalistes le 8 avril. « Des ingénieurs qui avaient les larmes aux yeux en voyant cette rame fonctionner ainsi » témoigne-t-il, décrivant les périodes d’essais avec leurs aléas comme des « montagnes russes émotionnelles. »
Sur le front des livraisons du matériel roulant, une fois n’est pas coutume, pas de retard de livraison de la part d’Alstom : « On aura nos rames. Le constructeur vient de nous livrer le huitième exemplaire d’un parc de 18 rames » assure le dirigeant. Chacune aura le temps de parcourir plusieurs fois la ligne avant d’accueillir des voyageurs.
Jusqu’ici tout va bien pour cette ligne dont le système de ( alimentation et pilotage ) est autonome par rapport autres lignes. Il n’y a donc pas de raison de remettre en cause le calendrier. Il prévoit le 31 juillet une remise officielle des clés de la ligne à Ile de France Mobilités, lequel confiera l’exploitation à Keolis. Celui-ci est en réalité déjà associé depuis des mois aux opérations, en vue de l’ouverture cet automne du premier tronçon de cette ligne 18 entre Saclay et Massy qui sera suivi « avant fin 2027 » du deuxième tronçon Massy-Orly.
C’est sur la suite du programme – les lignes 15 sud 16 et 17 qui auraient déjà dû ouvrir, cœur véritable du réseau – qu’on saura si Jean-François Monteils et ses deux directeurs – Bernard Cathelain, et Frédéric Brédillot – auront su redresser la barre.
L’Etat leur fait toujours confiance puisque tous les trois ont été reconduits dans leurs fonctions en mars 2026 avec l’objectif d’éviter un énième dérapage du calendrier pour cause de phases d’essais et de tests des systèmes mal appréhendée. « Le plus grand projet de métro d’Europe est sous contrôle » assure le patron de la SGP. Pour de bon ?
En février 2025, la SGP avait officialisé un décalage de six mois de l’ouverture de le 15 sud renvoyée au quatrième trimestre 2026 avant un nouveau glissement qui a eu le don de renforcer l’agacement d’Ile de France Mobilités. A présent, « la date butoir pour le 15 sud, c’est avril 2027 » promet l’ancien magistrat de la Cour des comptes.
Suivra « autour de la fin de l’année 2027 » l’entrée en scène du premier tronçon de la 16-17. Avec un bémol prévient la SGP : « Cette partie du calendrier dépend de la mise en service de la ligne 15 Sud puisque les 15, 16 et 17 reposent sur un même système » rappelle l’établissement public. Autrement dit ce n’est pas encore gagné à 100%.
A l’évidence les regards extérieurs sont plus indulgents que ceux des financeurs et commanditaires du Grand Paris Express. « Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont les gens qui viennent nous voir de 52 pays qui nous disent que faire ce projet c’est déjà un exploit » relate Jean François Monteils soulignant la maîtrise du budget : « L’enveloppe de 36,1 milliards n’a pas bougé depuis 5 ans. »
Marc Fressoz



