À chaque municipale parisienne, la mobilité revient comme un boomerang. La voiture individuelle, les pistes cyclables, le périphérique : les lignes sont connues. Cette fois, un acteur plus discret s’invite dans le débat : l’autocar.
Longtemps toléré, rarement défendu, le car devient un symbole commode. Trop encombrant, trop bruyant, trop visible aux abords des grands sites touristiques. Dans plusieurs programmes ou prises de position, l’idée d’une réduction drastique de leur présence dans l’hyper-centre émerge. L’objectif affiché : reconquérir l’espace public, améliorer la qualité de l’air, fluidifier les quartiers saturés.
La mécanique proposée est rodée. Repousser les autocars vers les portes de Paris, créer des zones de dépose périphériques, organiser la rupture de charge avec le métro et le RER. Une régulation par la géographie plus que par l’interdiction frontale. La ville « apaisée » passerait par l’éloignement des véhicules lourds.
Mais le sujet est moins simple qu’il n’y paraît. L’autocar n’est pas qu’un bus de touristes stationné place de la Concorde. Il transporte des scolaires, des groupes associatifs, des seniors, des voyageurs longue distance à bas coût. Il représente une mobilité collective efficace, souvent plus vertueuse par passager que la voiture individuelle. Le contraindre sans alternative robuste, c’est déplacer les flux sans forcément les réduire — et parfois renchérir l’accès populaire à la capitale.
Derrière la polémique affleure une question institutionnelle. Qui décide de l’accès à Paris ? La Ville, la Métropole, l’État via les grands axes et les gares routières ? La régulation des cars touche à des compétences imbriquées et à des équilibres économiques sensibles, notamment pour le secteur touristique.
Encore faut-il faire la différence entre un Bus et un Car… La campagne risque d’être encore un peu longue pour certain(e)…
PL



