La Région Bourgogne-Franche-Comté franchit un cap stratégique dans la gouvernance de ses mobilités. L’exécutif régional a annoncé sa volonté de reprendre la maîtrise complète de la relation clientèle, tous modes confondus, et de dialoguer directement avec les voyageurs, du vélo au train en passant par l’autopartage, le covoiturage et les autres services de mobilité partagée.
Cette trajectoire se fera de manière progressive. Jusqu’en 2029, la Région fonctionnera en doublon avec la SNCF, avant de devenir pleinement autonome sur l’ensemble des transactions et des interactions clients. « L’objectif est clair : disposer d’un titre unique de transport et d’une relation directe avec les voyageurs, quel que soit le mode utilisé », explique Michel Neugnot, vice-président en charge des transports.
Pour y parvenir, la collectivité engage un investissement de 43 millions d’euros, destiné à bâtir une plateforme complète de distribution, de paiement et de gestion de la relation usagers. À terme, ce système permettra non seulement l’achat de titres de transport, mais aussi la réservation de vélos en station, l’accès aux services d’autopartage, la gestion des abonnements multimodaux, ainsi que le traitement direct des incidents, retards, compensations et remboursements.
Au-delà de la performance technique, l’enjeu est profondément politique. Reprendre la main sur la relation clientèle, c’est maîtriser les données voyageurs, l’ergonomie des parcours d’achat, la cohérence intermodale et la qualité de service perçue. C’est aussi se doter d’un levier stratégique majeur dans un contexte d’ouverture à la concurrence ferroviaire et de recomposition des rôles entre autorités organisatrices et opérateurs.
Dans le sillage de la Nouvelle-Aquitaine Mobilités, pionnière sur la reprise en main de la billettique TER, la Bourgogne-Franche-Comté affirme à son tour une ambition claire : faire de la relation voyageurs un outil de pilotage public à part entière.
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