Coup de chaud pour les utilisateurs du métro de Lille.

04 09 2025 | Actualités

Coup de chaud en vue pour les utilisateurs des futures rames de métro de Lille. Non, ces rames qui commenceront à arriver en février 2026 ne seront pas climatisées ni réfrigérées. La Métropole européenne de Lille l’a confirmé cet été après une nouvelle controverse découlant des 10 ans de retard de livraison de ce matériel signé par Alstom.

En juillet, le thermomètre a atteint 35° C à Lille et dépassé ce pic au mois d’août occasionnant à l’intérieur des rames actuelles une chaleur « parfois pesante, voire insupportable dans certains cas » s’est plaint sur son site une association d’usagers baptisée MobiLille.

Avec le nouveau matériel roulant parti pour durer au moins 30 ans, le confort de ce point de vue-là ne sera par meilleur, faute d’équipement pour refroidir l’air. Lors de la commande « la communauté urbaine a choisi de faire l’impasse sur ce point essentiel » révèle-t-elle.

Rien de nouveau sous le soleil répond la MEL. « Il s’agit d’une information publique, connue depuis 2012, date d’attribution du marché à Alstom » explique-t-elle dans un communiqué de daté du 18 juillet. En 2010, « la question de la climatisation » avait été écartée « en l’absence de besoin avéré », la ventilation dite de confort n’ayant fonctionné « que 400 heures » en 30 ans selon l’autorité organisatrice.

Mais MobiLille juge « incompréhensible, risible et édifiant » que l’autorité organisatrice n’ait profité du rab de commande passé à Alstom en 2024 pour faire ajouter une climatisation. Il est vrai que depuis 2012, les effets du réchauffement climatique sont devenus chroniques.

Pas possible pour la MEL. « Les rames supplémentaires commandées en 2024 respectent les mêmes spécifications techniques, afin de garantir une parfaite homogénéité du parc roulant sur les plans technique, logistique et opérationnel. »

La métropole présidée par Damien Castelain, qui voit une manœuvre politique à l’approche des élections municipales de mars 2026 déroule une série d’arguments : les deux lignes sont majoritairement souterraines et les rames prennent le soleil de façon réduite. Et les sondages montrent un sujet fabriqué de toutes pièces. « La problématique de la chaleur en été n’est pas jugée prioritaire par les usagers à ce jour » évacue l’autorité organisatrice.

Les Lillois trouveront sans doute plus de fraîcheur dans le tram qui « seront bien dotées d’un système de rafraichissement » annonce-t-elle. Ouf !

Marc Fressoz

 

À lire également

Jean Castex relance le rail à Briançon

Jean Castex relance le rail à Briançon

À Briançon, le rail redevient un sujet stratégique. En déplacement dans les Hautes-Alpes, Jean Castex est venu défendre un vaste programme de modernisation ferroviaire porté par SNCF Réseau et...

Quand la politique d’infrastructures du gouvernement finit dans le cassoulet.
En même temps et quoiqu’il en coûte, on va construire la ligne TGV Bordeaux-Toulouse/Pays basque, chiffré à au moins 15 milliards d’euros et trouver 1,5 milliard supplémentaire chaque année pour limiter le vieillissement du réseau ferré. De quoi porter l’effort à 4,5...
Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20
Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20, l’ex- train de la discorde, espère-t-on. Initialement prévu pour 2025, il est désormais annoncé sans faute pour 2028. Après une période de rapports tempétueux engendrées par les dérapages du programme, ses...
Le chinois BYD recrute un poids lourd : Stéphane Espinasse, l’ancien big boss d’Iveco, à la manœuvre en Europe
Le constructeur chinois BYD accélère sa stratégie européenne. En confiant les rênes de son activité bus à Stéphane Espinasse, le groupe s’offre un dirigeant expérimenté, fin connaisseur des marchés publics et des opérateurs. Une nomination loin d’être anodine dans un...
Ça tousse un peu au dépot… de bus
En région parisienne, le changement de régime dans la gestion des lignes de bus se poursuit et pas toujours sans créer d’anicroches en coulisse. Le 1er mai, trois nouveaux groupes de lignes ont changé de mains. L’EPIC RATP en a transmis deux à des filiales de RATP Cap...