TER Hauts-de-France : L’ouverture à la concurrence plombée par un milliard d’amiante !

27 11 2024 | Actualités

En ouvrant ses lignes de TER à la concurrence, la région Hauts-de-France ne s’attendait pas à régler une facture d’un milliard d’euros. C’est pourtant ce que pourrait lui coûter le recours à d’autres prestataires que la SNCF en raison de la présence d’amiante dans une quarantaine de rames. Même si la sécurité des voyageurs n’est pas en danger, la directive européenne REACH de 2007, oblige le propriétaire d’un matériel roulant à procéder à son désamiantage avant de le céder à un autre exploitant. Cette opération sur un matériel déjà âgé d’une vingtaine d’année, pourraient ainsi coûter un milliard d’euros alors que les rames n’ont potentiellement plus qu’une quinzaine d’années à circuler sur le réseau.

Pour la région qui possède l’ensemble du parc TER, c’est tout simplement inimaginable. Ce milliard représente en effet l’ensemble de son budget transports pour une année. Impossible non plus de commander de nouveaux trains par anticipation, faute de moyens financiers. D’autant que pour disposer du matériel nécessaire dans les délais, il est déjà trop tard. L’ouverture à la concurrence de l’Etoile d’Amiens à compter du 15 décembre prochain n’aura pour l’heure aucune conséquence, puisque le marché a été remporté par… SNCF Voyageurs. Mais en 2028, c’est l’ensemble des lignes autour de Lille qui sera attribué, avec potentiellement des pertes de lots pour la société nationale. En 2033, l’ensemble des lignes TER des Hauts-de-France devra avoir fait l’objet d’appels d’offres.

Si la question du désamiantage est connue depuis déjà plusieurs années, l’imminence d’un possible basculement vers d’autres exploitants que la SNCF, oblige à trouver rapidement une solution. Pour la région, seule une dérogation est envisageable, d’autant que cette mise en concurrence est précisément imposée par… une directive européenne. Sur cette question des dérogations, la France serait même le seul état à ne pas avoir demandé d’exemption.

Reste que ce dossier conserve une part de mystères. Aucune précision n’a été fournie sur les 40 rames en causes, censées être vieilles d’une vingtaine d’années. A cette époque pourtant, l’usage de l’amiante dans les matériels roulants était déjà  interdit. Cet épouvantail agité devant toutes les régions (puisque les mêmes rames circulent partout) a peut-être d’autres finalités comme une remise en cause déguisée de la mise en concurrence. Puisque la SNCF est autorisée à exploiter ces matériels, peut-être faut-il tout simplement… continuer avec elle.

Pierre Lancien

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