Siemens Mobility et Ruhrbahn modernisent les transports publics en Europe

05 09 2024 | Actualités

Siemens Mobility et Ruhrbahn : la modernisation numérique du plus grand poste d’aiguillage d’Europe pour les transports publics.

Siemens Mobility, en partenariat avec Ruhrbahn, s’engage dans un projet d’envergure : la numérisation et la modernisation du plus grand poste d’aiguillage d’Europe dédié aux transports publics. Ce chantier, qui concerne les villes d’Essen et de Mülheim an der Ruhr, représente un investissement total de 180 millions d’euros. La transformation, qui devrait s’achever en 2031, vise à remplacer les postes d’aiguillage à relais des années 1970 par des systèmes électroniques de pointe.

L’un des objectifs majeurs de cette initiative est de renforcer la fiabilité et l’efficacité des infrastructures ferroviaires. Avec la gare centrale d’Essen comme point névralgique du projet, cette modernisation est considérée comme un « saut technologique » pour le réseau de transport. Ce poste d’aiguillage, qui actionne chaque jour environ 5 000 aiguillages et 23 000 signaux, sera entièrement numérisé, réduisant les besoins de maintenance, augmentant la capacité opérationnelle et contribuant à une économie d’énergie. Cela s’inscrit dans la volonté de Siemens Mobility de promouvoir des solutions de mobilité plus respectueuses de l’environnement et plus performantes pour répondre aux besoins croissants en matière de transport public.

L’État et l’Agence de l’Eau Rhin Meuse soutiennent financièrement le projet à hauteur de 60 %, soit environ 96 millions d’euros. La mise en œuvre s’étendra sur cinq phases, avec un impact minimal sur les voyageurs. La technologie à relais, qui a subi plusieurs réfections au fil des ans, sera définitivement remplacée par des systèmes électroniques modernes. Cette mise à niveau est perçue comme une étape cruciale pour améliorer la fiabilité du réseau de transport public, réduisant les pannes et les perturbations, et rendant l’utilisation des tramways et métros plus attrayante pour les passagers.

Michael Feller, directeur général de Ruhrbahn, souligne l’importance de cette transformation pour les villes d’Essen et de Mülheim : « Après des décennies de service et des rénovations intermédiaires, nous sommes à un tournant crucial avec la modernisation complète et la numérisation des technologies de sécurité ferroviaire. Notre objectif est de rendre le réseau existant plus performant et fiable, réduisant les pannes et améliorant ainsi l’expérience des usagers. » En effet, une fois le projet terminé, le réseau devrait offrir des services plus réguliers et ponctuels, renforçant ainsi l’attractivité du transport en commun.

De son côté, Guido Rumpel, responsable de Rail Infrastructure Germany chez Siemens Mobility, met en avant l’importance du projet dans le cadre des ambitions de mobilité durable : « L’avenir de la mobilité neutre en carbone passe par une augmentation de la capacité des transports publics. Les villes intelligentes comme Essen répondent à ce défi grâce aux technologies modernes. Nous sommes ravis de participer à ce projet visionnaire, qui permettra à Ruhrbahn de moderniser son système ferroviaire et de le rendre adapté aux besoins futurs. »

Outre la numérisation des postes d’aiguillage, Siemens Mobility modernisera également les infrastructures de signalisation sur un tracé de 28 km, couvrant 39 stations. Les signaux actuels seront remplacés par des modèles LED économes en énergie, et le système de détection des trains sera amélioré grâce à l’installation de compteurs d’essieux. Par ailleurs, les barrières magnétiques actuelles, qui empêchent les trains de franchir les signaux d’arrêt, seront remplacées par des dispositifs plus modernes et plus fiables.

L’un des aspects les plus complexes du projet est l’intégration de différents systèmes de rails, notamment les systèmes à trois et quatre rails, qui sont spécifiques à la région métropolitaine de la Ruhr. Cette diversité nécessite des technologies avancées pour garantir une compatibilité et une fluidité de circulation sans accroc. Le défi réside donc dans la capacité de Siemens Mobility à harmoniser ces infrastructures diverses tout en minimisant les interruptions pour les usagers.

Le projet de modernisation du poste d’aiguillage d’Essen, et plus largement des systèmes ferroviaires d’Essen et de Mülheim, est un symbole fort de la transition vers une mobilité plus verte et plus efficace. En se dotant de technologies de pointe, Ruhrbahn entend anticiper les besoins futurs des voyageurs, tout en s’alignant sur les objectifs environnementaux de l’Union européenne et de l’Allemagne.

En définitive, cette transformation numérique n’est pas qu’une simple modernisation des infrastructures ; elle représente un véritable bond vers l’avenir pour les réseaux de transport public en Europe. À terme, les passagers bénéficieront de services plus fiables, moins sujets aux interruptions, tout en contribuant à la transition écologique grâce à une réduction significative des consommations d’énergie. Ce projet, ambitieux tant par son envergure que par ses implications, place Siemens Mobility et Ruhrbahn à la pointe des innovations dans le secteur du transport public.

PL

 

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Lui-même se fait le chantre du décloisonnement. « Mon style est plutôt collaboratif, assure ce techno qui fut conseiller de Jean-Marc Ayrault à Matignon, puis de François Hollande à l’Élysée. J’aime bien bosser en équipe, mon bureau ressemble à une salle de réunion. » Il veillera à une ambiance de travail . « Je pense que la brutalité, c’est très contreproductif. » Le corps social du groupe public en aurait-il pâti dans le passé ?

Ces principes managériaux ne constituent pas la facette la plus formalisée des orientations stratégiques que le successeur de Jean Castex a dévoilées le 20 octobre. Mais ils composent le fond de sauce nécessaire à la mutation et le développement du transporteur de 70 000 personnes. La RATP aborde « un moment charnière », répète le PDG. Les filiales ( Cap Ile de France, RATP Dev pour la province et l’international voué à croître) vont bientôt générer plus de chiffre d’affaires que l’EPIC destiné à s’atrophier.

Après les bus, la RATP perdra bientôt en région parisienne, son fief historique le monopole du tram, et enfin des RER et des métros. Sur 9,4 milliards d'euros de chiffre d’affaires projetés en 2030 (contre 7,9 en 2025), les filiales devraient en générer 54%. Rien n’empêche d’ailleurs d’aller sur de nouveaux territoires en Ile-de-France. Le transporteur vise les lignes L et V du réseau Francilien après avoir tenté sa chance lors d’un précédent appel d’offre.

Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier.

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares.

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

 

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Si le pilote de l’opérateur a livré beaucoup d’indications, on reste sur sa faim concernant le futur comex du groupe et l’organisation de la gouvernance. Il faudra encore patienter « quelques mois » prévient Xavier Piechaczyk pour connaître l’état-major avec lequel il pilotera ce grand chantier. 

Car le contour d’un certain nombre de grandes directions sont amenées à connaître un redécoupage avec probablement des changements de tête. Loin d’être anodines, les réflexions inachevées portent sur l’articulation entre les filiales et la tête du groupe et sur le degré de mutualisation des fonctions support et des expertises. « La tête du groupe fixe les grandes orientations, réalise les arbitrages, elle va aussi accueillir des fonctions expertes rares » explique la RATP.  

Outre le bon positionnement de ces savoir-faire, les cogitations concernent aussi celui du secrétariat général, des finances, des RH, et de la communication et du marketing. Parmi les syndicats, la CFE CGC espère « une gouvernance claire, cohérente et fiable pour assurer l’avenir de la RATP ».

Pour l’instant, le patron et ses collaborateurs se sont attachés à définir la raison d’être du groupe  ( «Au service de la qualité de ville» ) et à mettre en lumière auprès des salariés l’ADN et les forces d’un groupe industriel aux compétences rares. 

Elles s’organise en trois métiers distincts : opérateur et mainteneur complet de solutions de transport ; gestionnaire et valorisateur d’infrastructures urbaines ( tunnels, voies, réseau de chaleur ou de froids, réseau télécom) ; enfin concepteur financeur et exploitant d’équipements et bâtis urbains.

Bref, un travail nécessaire pour rassurer le personnels soumis à des séries de réorganisation ces dernières années, dans une entreprise en pleine mutation identitaire. La conférence de presse de Xavier Piechaczyk s’est d’ailleurs achevée sur le sujet du relookage du logo RATP – un visage dans un cercle symbolisant la Seine et la région parisienne. Il a fait l’objet d’une réflexion entamée avant l’actuel PDG avec une agence de communication, et enrobée d’un discours conceptuel autour du « territoire de marques » à réarticuler.

Résultat des courses : statu quo général, hormis des évolutions cosmétiques que Xavier Piechaczyk a commenté de façon comique : « Ici nous avons rectifié le cercle pour qu’il soit parfaitement circulaire », les bras de Seine ont été raccourcis, là nous avons changé la police de caractère, ici la typographie bleue s’avère « plus affinitaire et impactante ». « Jamais, je n’aurais changé ce logo iconique  » a-t-il glissé ensuite. Bref, c’est qui le patron ?

Marc Fressoz

Derrière sa nouvelle signature « Bienvenue en ville », et confronté à l’érosion de ses positions historiques en Île-de-France, Xavier Piechaczyk veut transformer l’opérateur parisien en groupe industriel international. Objectif : 20 % de chiffre d’affaires supplémentaire d’ici 2030. Une ambition qui repose sur la conquête de nouveaux marchés et sur la valorisation d’un patrimoine à valoriser.

La RATP change d’époque. Et Xavier Piechaczyk semble avoir parfaitement compris que le temps des marchés protégés touche à sa fin. L’ouverture à la concurrence en Île-de-France bouleverse le modèle économique du groupe. Il ne suffit plus d’exploiter le métro parisien et de défendre ses positions historiques. Il faut conquérir des marchés, dégager des marges et trouver de nouveaux relais de croissance.

Le chiffre le plus révélateur concerne les filiales. Dès 2027, elles représenteront plus de la moitié de l’activité du groupe. Leur chiffre d’affaires doit atteindre 5 milliards d’euros en 2030, soit un doublement annoncé. Mais attention à l’effet d’annonce : cette progression intègre le transfert des activités historiques du bus vers RATP Cap Île-de-France. Une croissance en partie comptable, donc, qui ne saurait masquer l’enjeu de la conquête commerciale. Ce n’est pas du Bonetto.

Xavier Piechaczyk entend concentrer ses forces là où la RATP dispose d’un véritable avantage concurrentiel : les réseaux complexes et, surtout, le métro automatique. Le groupe revendique une position de numéro un mondial dans cette spécialité dès 2027.

Le message adressé à Keolis, Transdev et aux grands opérateurs internationaux est limpide : la RATP ne cherchera pas nécessairement à être présente partout, mais à s’imposer sur les marchés les plus techniques et les plus rémunérateurs.

L’autre pari est moins spectaculaire, mais potentiellement lucratif. Tunnels, fibre optique, réseaux énergétiques, immobilier, maintenance : Xavier Piechaczyk veut transformer les savoir-faire et les actifs du groupe en véritables centres de profit. La RATP ne vendrait plus seulement des kilomètres parcourus, mais des compétences industrielles et des services urbains.

Cette diversification pose néanmoins une question : jusqu’où peut-elle s'éloigner de son métier historique sans disperser ses moyens ?

Enfin, Xavier Piechaczyk promet une direction resserrée, davantage d’autonomie aux filiales et moins de normes internes. Derrière cette réforme de gouvernance se profile un enjeu décisif : faire fonctionner une entreprise publique historique avec la réactivité d’un groupe soumis à la concurrence.

Reste une faiblesse dans cette feuille de route : si les objectifs de chiffre d’affaires sont affichés, les investissements, les marges visées et les économies attendues ne sont pas détaillés.

La RATP a donc fixé son cap, mais pas encore dévoilé tous les moyens de l’atteindre.

PL