Nouvelle illustration du processus de libéralisation du transport régional. L’Occitanie s’apprête à financer son propre atelier de maintenance et de remisage de TER en se passant de SNCF Voyageurs.« Nous faisons un choix inédit en France pour une région » souligne Carole Delga la présidente PS de l’Autorité organisatrice régionale.
Le 2 septembre, celle-ci a publié en ce sens un appel d’offre de conception et la construction d’un bâtiment qui sera situé à l’ouest de Béziers à Colombiers. La région escompte une mise en service fin 2028.
L’atelier accueillera les 18 nouveaux Regio2N destinés à gonfler l’offre sur la ligne du littoral entre Nîmes et Narbonne en vue du SERM de Montpellier. Leur livraison s’étalera à partir l’été 2027.
L’équipement de Colombiers viendra en renfort des ateliers de Toulouse et Nîmes, aujourd’hui saturés, ainsi que ceux de Tarbes et Perpignan. L’AO n’a pas fourni d’estimation du coût du futur bâtiment qui devrait se chiffrer en dizaines de millions d’euros.
Depuis l’ouverture à la concurrence, la propriété du matériel roulant et des infrastructures de maintenance des trains régionaux s’est vue transférée des mains de la SNCF à celle des autorités organisatrices régionale. A elle de construire les bâtiments.
« Avec ce projet, l‘Occitanie devient « la première région française à entièrement financer et construire un tel équipement dédié à ses trains régionaux » revendique l’exécutif régional.
Paradoxe, elle sera la dernière - avec la Bretagne – à mettre la gestion de ses lignes TER en concurrence. Avançant à reculons, elle a choisi de préserver la fin au monopole de la SNCF jusqu’à la limite légale de fin 2033.
Carole Delga se félicite de faire « une nouvelle fois la démonstration que la transition vers des mobilités décarbonées appelle du courage politique, de l’innovation et un fort investissement »,
Réouverture de lignes, achat de rames hybrides, à batteries ou à hydrogène, opérations tarifaires etc. l’Occitanie ne ménage pas ses finances en faveur du train.
Marc Fressoz
