L’autocars longue distance affiche une santé de fer !

04 10 2024 | Actualités

Autocars longue distance : record historique au 1er semestre 2024 !

Le marché des autocars de longue distance librement organisés affiche une santé de fer en 2024. Après une période de ralentissement due à la pandémie, la fréquentation domestique au premier semestre dépasse les 45 millions de passagers, retrouvant ainsi les niveaux atteints en 2019. Si l’on inclut les passagers des liaisons internationales, le chiffre grimpe à plus de 8 millions, soit une hausse spectaculaire de 30 % par rapport à 2019, signe que la demande est plus que jamais au rendez-vous.

Avec 56 millions de kilomètres parcourus au premier semestre 2024, les autocars de longue distance ont battu tous les records. Ce chiffre, en progression de 12 % par rapport à 2019, est le plus élevé depuis la libéralisation du secteur en 2015. Cette reprise fulgurante se traduit également par une augmentation des départs quotidiens, avec une moyenne de 800 trajets par jour et près de 1 300 liaisons opérées. Comparativement à 2019, ces chiffres enregistrent respectivement des hausses de 5 %, démontrant que le secteur est en pleine effervescence.

Chiffre d’affaires stable malgré des recettes en baisse

Si la recette par passager pour 100 km a chuté de 10 %, tombant sous les 6 euros, le chiffre d’affaires global du secteur pour ce semestre reste stable, atteignant près de 70 millions d’euros. Cette stabilité s’explique par l’explosion de la fréquentation, compensant la baisse des tarifs et le recul du taux de remplissage des autocars. Le marché semble donc avoir trouvé un équilibre, bien que les marges de progression en termes de rentabilité soient toujours présentes.

La fermeture de la gare routière de Bercy : un choc pour le secteur

Un obstacle majeur pourrait cependant perturber cette dynamique : la fermeture annoncée de la gare routière de Bercy. Cette infrastructure, véritable carrefour des autocars de longue distance en Île-de-France, accueille 30 % des passagers des services librement organisés (SLO) en France, soit 47 millions de voyageurs en 2023. La disparition de cette plaque tournante risque de créer une onde de choc dans tout le secteur.

Pour répondre à ce défi, l’Autorité de régulation des transports (ART) a publié une étude en juillet 2024, identifiant deux alternatives viables pour l’accueil des autocars. Mais la mise en œuvre de ces solutions s’annonce complexe, et il sera crucial d’agir rapidement pour éviter une rupture du service et préserver cette reprise historique. Le secteur est donc à un tournant décisif : entre record de fréquentation et incertitudes infrastructurelles, l’avenir des autocars de longue distance dépendra de la capacité des acteurs à anticiper et à répondre aux bouleversements à venir.

Pierre Lancien 

À lire également

Jean Castex relance le rail à Briançon

Jean Castex relance le rail à Briançon

À Briançon, le rail redevient un sujet stratégique. En déplacement dans les Hautes-Alpes, Jean Castex est venu défendre un vaste programme de modernisation ferroviaire porté par SNCF Réseau et...

Quand la politique d’infrastructures du gouvernement finit dans le cassoulet.
En même temps et quoiqu’il en coûte, on va construire la ligne TGV Bordeaux-Toulouse/Pays basque, chiffré à au moins 15 milliards d’euros et trouver 1,5 milliard supplémentaire chaque année pour limiter le vieillissement du réseau ferré. De quoi porter l’effort à 4,5...
Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20
Union sacrée pour le dévoilement du premier RER MI 20, l’ex- train de la discorde, espère-t-on. Initialement prévu pour 2025, il est désormais annoncé sans faute pour 2028. Après une période de rapports tempétueux engendrées par les dérapages du programme, ses...
Le chinois BYD recrute un poids lourd : Stéphane Espinasse, l’ancien big boss d’Iveco, à la manœuvre en Europe
Le constructeur chinois BYD accélère sa stratégie européenne. En confiant les rênes de son activité bus à Stéphane Espinasse, le groupe s’offre un dirigeant expérimenté, fin connaisseur des marchés publics et des opérateurs. Une nomination loin d’être anodine dans un...
Ça tousse un peu au dépot… de bus
En région parisienne, le changement de régime dans la gestion des lignes de bus se poursuit et pas toujours sans créer d’anicroches en coulisse. Le 1er mai, trois nouveaux groupes de lignes ont changé de mains. L’EPIC RATP en a transmis deux à des filiales de RATP Cap...