Cette gratuité qui fait tourner la tête des élus du nord au sud.

25 09 2026 | Actualités

Cette semaine, deux collectivités au nord et sud du pays, viennent d’adopter des positions opposées au sujet de la gratuité des transports publics.

Dans le Nord, le réseau de Valenciennes Métropole et celui de La Porte du Hainaut, ne seront plus payants jusqu'à la fin de l'année. « Du 1er octobre au 31 décembre 2026, les transports publics seront gratuits sur l'ensemble du territoire» a précisé à l’AFP Arnaud Bavay, président du syndicat intercommunal de mobilité et d'organisation urbaine du Valenciennois (SIMOUV). Keolis l’exploitant du réseau va donc devoir se convertir à ce mode d’exploitation.

Les élus, d’Horizons jusqu’au PC, justifient leur décision par la flambée du prix du carburant qui entame le pouvoir d’achat des habitants. Cette conversion temporaire fera «l'objet d'une évaluation» pour «mesurer les effets de cette expérimentation» et «en tirer les enseignements» précisent-ils.

Nul doute que l’exemple voisin de Tadao (exploité par Transdev), devenu depuis le 1er janvier le réseau urbain gratuit le plus étendu de France a inspiré les AO du valenciennois. Après 8 mois de fonctionnement, les élus de Lens-Liévin, Hénin-Carvin et Béthune-Bruay se félicitent d’avoir enregistré 20 % de fréquentation en plus qu’en 2025, avec, à fin août, 14,5 millions de voyages enregistrés. Revers de la médaille, une certaine saturation des bus.

A Marseille en revanche, la Métropole d’Aix Marseille qui a changé de pilote aux dernières municipales fait machine arrière. Son président LR Nicolas Isnard, et maire de Salon-de-Provence a annoncé le 24 septembre la fin à la gratuite, d’un coût selon lui de 15 millions d’euros par an.

Elle est en vigueur partiellement à Marseille, depuis septembre 2025 auprès des séniors et des enfants de moins de 11 ans. Le réseau d’Aubagne, en gratuité totale depuis 2009 figure aussi dans le collimateur de l’exécutif métropolitain qui soumettra sa décision le 15 octobre à ses membres.

La raison avancée est économique et se justifie par l’état critique des finances locales déficitaires de plus de 140 millions d’euros. « Un des talons d’Achille du budget de la métropole est le budget des transports. Nous allons donc passer plus vite. à la tarification sociale au détriment de la gratuité » estime le président à la recherche de 53 millions d’économies. Malgré cette concession, le maire de gauche d’Aubagne compte s’opposer par tous les moyens à ce renoncement.

Deux visions s’opposent. «La gratuité est un leurre. Il y a toujours quelqu'un qui paie et il faut que ce soit l'usager qui paie et pas le contribuable » estime Nicolas Isnard quand les élus d’Aubagne mettent en avant la portée sociale et écologique de la gratuité.

Marc Fressoz

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