À Lyon-Saint-Exupéry, deux Solaris à hydrogène atterrissent sur la piste

16 10 2026 | Actualités

Depuis le 6 octobre, L’entreprise Berthelet exploite deux autobus à hydrogène du constructeur polonais Solaris du groupe CAF pour VINCI Airports à Lyon-Saint-Exupéry.

Par Pierre Lancien

Ces nouveaux matériels rejoignent un dispositif de douze autobus répartis entre deux missions : huit relient les parkings automobiles aux terminaux, tandis que quatre acheminent les passagers jusqu’aux avions stationnés à distance des passerelles sur le tarmac, Une activité exigeante, qui fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre trois cent soixante-cinq jours par an. Selon Aurélien Berthelet, la production atteint environ 75 000 kilomètres par an et par véhicule, certaines journées pouvant approcher les 400 kilomètres.

« Nous sommes sur une plateforme aéroportuaire qui nécessite un service vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an » rapelle le président.

Ces chiffres éclairent les choix techniques. Sur les pistes, l’entreprise a retenu des autobus de quinze mètres plutôt que des véhicules exclusivement conçus pour cet usage. Le dirigeant défend un raisonnement d’exploitant : disposer d’une capacité suffisante tout en facilitant l’utilisation et la maintenance de matériels issus du monde de l’autobus.

Le choix énergétique répond à la même logique. Depuis 2018, le biogaz occupe une place centrale dans l’exploitation aéroportuaire. L’entreprise Berthelet connaît cette énergie, ses contraintes et son approvisionnement. Pourquoi abandonner une solution qui remplit sa mission ? Le maintien du bioGNV traduit ici une continuité opérationnelle, tandis que l’introduction de deux autobus Solaris à hydrogène ouvre une nouvelle étape.

Les Solaris disposent d’environ 400 kilomètres d’autonomie, de quoi assurer une journée de service sans avitaillement intermédiaire. Leur pile à combustible produit l’électricité nécessaire à la traction, pour une consommation légèrement supérieure à 7,5 kg d’hydrogène aux 100 kilomètres. Une station sur la plateforme permet de faire le plein sans kilomètres à vide.

À bord, le confort et le silence frappent d’emblée : même en roulant, les habillages ne laissent entendre aucun grincement de plastique. « Du coup, on entend beaucoup plus les conversations », glisse Aurélien Berthelet un rien narquois.

Après dix jours d’exploitation, les performances répondent aux attentes du dirigeant. La suite se jouera sur la fiabilité dans la durée et la maîtrise d’un coût encore supérieur à celui du gaz.

 

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