Le tramway est-il de gauche, le métro de droite ? A Lyon, la métropole vient nourrir ce vieux débat. Quelques mois après son élection à la tête de l’agglomération, la nouvelle présidente LR Véronique Sarselli et sa majorité ont enterré le projet de Tram de l’ouest lyonnais (TEOL) instruit par le précédent exécutif piloté par l’écologiste Bruno Bernard, au profit d’une nouvelle ligne de métro, une ligne E.
Le message délivré après le vote du 30 septembre par celle qui préside aussi le SYTRAL Mobilité́ est sans ambiguïté. « Notre volonté́ ( …) en termes de transport public, c’est le bon mode au bon endroit, et pour l’ouest lyonnais, ce n’est assurément pas TEOL mais clairement le métro ! » a -t-elle déclaré. L’infrastructure projetée relierait Tassin et Bellecour.
Alors que les écologistes affichent souvent une préférence pour le tram ( il permet de prendre de l’espace aux voitures, son chantier de construction émet moins de CO2 que le percement d’un métro et il coûte dans l’absolu moins), aux yeux de la nouvelle équipe, ce mode de transports n’apportait pas « la réponse structurante » attendue pour « accompagner durablement » le développement de l’ouest lyonnais.
Les inconvénients de TEOL mis en avant par certaines communes ? « La sous-capacité d’un tramway par rapport à̀ un métro » et « un tracé qui ne desservait pas Bellecour et Part-Dieu » deux endroits majeurs oubliés selon la Métropole
Place maintenant à de nouvelles études portant sur les caractéristiques d’une nouvelle ligne de métro. La parenthèse écologiste refermée, il s’agit en réalité de réactiver un projet de 6 km, esquissé en 2015 à l’époque de Gérard Collomb alors maire de Lyon et président de la métropole.
A l’époque, cet équipement était évalué autour de 1,5 milliard d’euros. Il faut sans doute aujourd'hui ajouter quelques ou plusieurs centaines de millions pour avoir une idée plus réaliste au sujet d’une infrastructure qui aura du mal à voir le jour avant 2035.
Alors que le tram était estimé par l’ancienne majorité à 800 millions d’euros, Lyon peut-il se payer le luxe d’un métro ?
Marc Fressoz
