La préparation du budget 2027 suscite l’inquiétude des autorités organisatrices de la mobilité. Le GART dénonce trois mesures qui pourraient priver les transports collectifs de 243 millions d’euros par an, au moment où la hausse des coûts énergétiques renforce le besoin d’alternatives à la voiture individuelle.
Présentées le 30 septembre devant le Comité des finances locales, les orientations budgétaires du gouvernement prévoient un effort de redressement des finances publiques auquel les collectivités seraient associées. L’exécutif chiffre cet effort à 5,5 milliards d’euros, tout en mettant en avant une progression globale de leurs recettes de 5 milliards d’euros en 2027.
Pour le GART, trois mesures envisagées risquent cependant d’affaiblir directement les ressources consacrées aux transports publics.
La première concerne les Régions Centre-Val de Loire, Hauts-de-France et Grand Est, qui pourraient perdre 53 millions d’euros de compensations annuelles liées à la reprise des trains d’équilibre du territoire. La deuxième porte sur la suppression des 100 millions d’euros issus des quotas carbone européens ETS1, affectés aux autorités organisatrices locales. Cette enveloppe avait pourtant été doublée dans le budget 2026.
Enfin, 90 millions d’euros de taxe de séjour actuellement affectés à Île-de-France Mobilités pourraient être redirigés vers la Société des grands projets, remettant en question, selon le GART, l’équilibre financier négocié avec l’État en 2023.
Au total, le groupement estime à 243 millions d’euros les ressources menacées. Il demande au gouvernement de renoncer à ces dispositions, dont les conséquences pourraient peser sur les investissements, l'offre de transport ou les tarifs proposés aux voyageurs.
Le projet de budget ouvre désormais une séquence de discussions parlementaires au cours de laquelle ces arbitrages pourront évoluer.
Pierre Lancien
