Les autocars librement organisés confirment leur place dans les déplacements longue distance. Selon les dernières données de l’Autorité de régulation des transports (ART), la fréquentation progresse encore au premier semestre 2026, tandis que les prix payés par les voyageurs restent contenus. Une dynamique qui prolonge une année 2025 déjà record.
Dix ans après la libéralisation du marché, l’autocar longue distance continue de séduire. Les derniers chiffres publiés par l’ART pour le premier semestre 2026 font apparaître une nouvelle progression de la fréquentation, dans un marché désormais arrivé à maturité. Cette évolution prolonge la tendance observée en 2025, année durant laquelle près de 17 millions de voyageurs avaient emprunté les services librement organisés, soit 4 % de plus qu’en 2024. Les recettes avaient parallèlement dépassé 200 millions d’euros, en hausse de 11 %.
L’autre enseignement tient à la résistance du modèle tarifaire. Malgré la hausse générale des coûts supportés par les transporteurs, l’autocar conserve son principal argument : des billets accessibles et des prix qui restent maîtrisés pour les voyageurs. Un positionnement essentiel face au train, au covoiturage et, sur certaines destinations, aux compagnies aériennes à bas coûts.
Selon l’ART, ces services assurent aujourd’hui près de 960 liaisons ne disposant d’aucune autre alternative en transport collectif, et cela sans concours public. Depuis l’ouverture du marché en 2015, 112 millions de voyageurs ont emprunté ces autocars.
Cette dynamique intervient pourtant à la veille d’un changement majeur. Le retrait annoncé de BlaBlaCar Bus à partir de 2027 va rebattre les cartes d’un marché aujourd’hui très concentré. L’ART considère néanmoins que la concurrence exercée par les autres modes de transport, mais aussi la possibilité de voir apparaître de nouveaux entrants, devrait limiter le pouvoir de l’opérateur dominant.
Pierre Lancien
