Après avoir accéléré très fortement son offre en France, Trenitalia se retrouve confrontée à une équation classique du ferroviaire : on peut ouvrir des sillons et trouver des voyageurs, sans rames nécessaires, la navigation peu s’avérer difficile.
La compagnie italienne s'apprête à réduire de 20 % ses circulations Frecciarossa sur les axes Paris-Lyon-Milan et Paris-Marseille. L'offre passerait de 180 à 144 trains par semaine, avec notamment deux allers-retours quotidiens supprimés en semaine sur Paris-Lyon. En cause : des opérations de maintenance lourde affectant la disponibilité du parc.
La situation est d'autant plus paradoxale que Trenitalia venait justement de passer à la vitesse supérieure. Depuis décembre 2025, l'opérateur affiche jusqu'à 14 allers-retours quotidiens entre Paris et Lyon, contre neuf auparavant, tandis que Paris-Marseille, lancée en juin 2025, compte quatre allers-retours par jour.
La question devient alors économique. Sur la grande vitesse française, où les péages pèsent lourdement dans les coûts d'exploitation, le modèle repose sur un subtil équilibre entre fréquence, taux de remplissage et utilisation intensive du matériel. Retirer 20 % des circulations réduit mécaniquement la capacité à générer des recettes, même si un programme resserré peut parallèlement améliorer le remplissage des trains maintenus.
Il faut toutefois éviter d'y voir pour l'instant un changement de stratégie. Trenitalia prépare au contraire la suite : 19 nouvelles rames ont été commandées à Hitachi Rail et un centre de maintenance de plus de 80 millions d'euros doit ouvrir à Maisons-Alfort-Pompadour à l'horizon 2029.
PL
